‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 239 sur 331 · Eodem, p · texte numérisé non relu

Eodem, p

de chasse, pêche, pêcherie particulière, et généralement toutes les traces qui subsistent encore du régime féodal. » Il y a, dans ce cahier, quelque chose de plus qu'une demande pure et simple de destruction; on indique ce qu'il faut mettre à la place du régime détruit, et ce qu'on indique, c'est précisément ce qui s'y trouve aujourd'hui , Valleu général , la propriété pleine, entière, indépendante, absolue. Cette idée féconde reparaît, bien plus nette encore et bien plus solennellement proclamée, dans le cahier du tiers état de la sénéchaussée de Rennes, ce type des aspirations révolutionnaires de l'époque. Sous la rubrique : De la déclaralion des droits et de la constitution S il inscrit (art. 47) la disposition suivante : « Il n'y a point de liberté , de propriété, de bonheur, là où les terres sont serves. Aussi le franc-alleu universel sera un des articles de la constitution. Tout propriétaire sera autorisé à affranchir son héritage de tous les droits de la féodalité, quand il le jugera à propos, mais de la manière et aux prix qui seront fixés par le pouvoir législatif. » L'alleu universel ! Aux yeux de beaucoup d'historiens , ceci ne compte guère dans les fameux principes de 1789 : et cependant, que personne de nous ne s'y trompe, ceci n'en est pas moins une des conquêtes les plus précieuses que nous devions à la Révolution française, et peut-être celle qui a le plus contribué à lui gagner le cœur des paysans.

Un grand nombre de bailliages et de sénéchaussées ne se contentent pas de réclamer hautement l'affranchissement des terres, en même temps que celui des personnes; ils tiennent à mettre en pleine lumière l'importance qu'ils attachent à cette réforme fondamentale, soit pour la mieux recommander au zèle des députés

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