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CHARGES qu'il SUPPORTE 545
cherchez aucune réflexion sur les grandes questions politiques du jour. Il ne s'occupe que des sujets qui touchent de plus près les paysans dont il émane. Le voici tout entier en quelques lignes. Il soutient « que MM. les députés, qui nommeront MM. les députés aux États généraux, doivent être spécialement chargés d'entrer dans la vue du gouvernement et de porter au pied du trône les plaintes et doléances des peuples : que chacun doit ofl'rir, avec une juste égalité, suivant sa fortune, sa contribution aux charges publiques, locales et deniers royaux; que les peuples sont assez foulés sans les écraser davantage; qu'on doit représenter toutes les charges que les malheureux des campagnes payent, dont les secours font la richesse du clergé, la fierté de la noblesse, le soutien de l'État.
« lo Droits seigneuriaux qui sont, d'ordinaire, droit d'habitation ou boige, qui sont de deux ou trois passaux, blé ou seigle et avoine, pour chaque chef de famille, droit d'albergue, puits et forge.
« Taxe, qui est une espèce de dlme, qui se paye jusqu'au dernier grain, à cause que les seigneurs sont plus craints que les ecclésiastiques.
« 2° Droits de lods, exigibles jusqu'à un morceau de bois ne valant que six sols.
a 3* Demi-lods payables de dix en dix ans.
« Pensions féodales plus ou moins grandes : banalités des fours et des moulins.
« Services en argent.
« Obligation de travailler pour les seigneurs en quelques endroits. Sur cet article, comme sur tous les autres, nous avons vu commettre les plus grandes vexations; tellement que nous avons vu, dans les villages voisins, exploiter des habitants couchés dans leurs chaumières; d'autres obligés pour des. ouvrages de fantaisie des seigneurs, ce qui arrive d'ordinaire
dans Beaudinard, le village le plus voisin de nous autres.
« Ensuite, dlme ecclésiastique, droits de paroisse, casuel, charges des communautés particulières, entretien des maisons curiales et églises.
« Clochers et autres bâtiments (Les seigneurs ne payent rien, même pour leurs biens roturiers, pour les différentes charges des communautés).
« Deniers royaux, impositions de sel; les charges effrayantes de la province, pour tant de chemins et autres ouvrages accordés à la seule faveur.
« Que reste-t-il, après cela, très illustre assemblée, aux pauvres habitants des campagnes? Il ne leur reste encore que d'être méprisés, vexés, par les dits possédant-fiefs. Il est temps que Ton soit plus juste et plus raisonnable : il faut songer à leur soulagement... Le sieur maire a ordonné, en plein conseil, de rédiger la relation de toutes les charges, que les malheureux habitants supportent. Les larmes ont coulé des yeux de toute l'Assemblée, en voyant qu'il ne leur restait plus que les yeux pour pleurer, si le monarque bienfaisant ne venait à leur secours. Toute l'Assemblée a crié par acclamation : Vive la bienfaisance du roi, qui veut mettre les peuples souS sa protection... La fidélité est la reconnaissance des peuples. Nous jurons fidélité, obéissance, soumission à Louis XVI, qui sera à jamais appelé le père des peuples. A Artignosc, le 24 mars 1789. » Suivent les signatures.
Arrêtons-nous à cet humble et touchant résumé des doléances populaires. Il nous montre combien il eût été facile à la royauté, mieux dirigée, de trouver dans les masses un appui dévoué, enthousiaste; il lui suffisait de ne pas prendre fait et cause pour leurs plus mortels ennemis. Ce même document nous prouve, que ce n'est pas un seul grief qui a soulevé les paysans contre Tan-