RENVOI DE BRIENNE
la cour et portèrent au crédit de Brienne une atteinte, dont celui-ci ne tarda pas à sentir la portée. Alors, disent les Mémoires de Weber S c le ministre épouvanté implora la protection de la reine, se présenta comme une victime de son zèle à défendre l'autorité royale, et demanda le secours de M. Necker pour les finances, en rougissant de tout ce qu'il avait fait depuis un an pour Ten écarter. M. de Mercy vint solliciter l'ancien directeur général de se joindre au premier ministre. M. Necker répondit que. Tannée précédente, il eût été prêt à partager les travaux de Tarchevôque de Sens : mais que, dans le moment actuel, il ne pouvait ni ne voulait partager son discrédit. Le premier ministre ne savait que faire , mais il ne voulait pas se retirer. Les mécontentements éclataient de toutes parts. Un des frères du roi l'avertit de la fermentation qui se développait à Paris. La reine envoya chercher Tarchevêque et lui déclara qu'il fallait absolument céder à l'orage. Le roi survint au milieu de l'entretien. Le ministre pleura, excita la sensibilité de ses maîtres et en abusa. Il voulut être consolé de sa retraite en obtenant pour lui-même le chapeau de cardinal; pour son neveu, à peine d'âge, la coadjutorerie de son archevêché, jointe à une des plus riches abbayes de France; et pour sa nièce une place de dame du palais. Il s'était composé, pendant son court ministère, une fortune de cinq à six cent mille livres de rente sur les biens de l'Église. Il laissait son frère, ministre de la guerre, après l'avoir fait nommer chevalier des ordres du roi et gouverneur de province. Les plus éclatants, les plus heureux services n'auraient pas pu être mieux récompensés. » Ainsi tomba, le 24 août, pour ne plus se relever, l'homme d'État qu'on venait de voir, quinze jours auparavant, trancher les