‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 44 sur 331 · CAUSES DE CETTE RAPIDITÉ · texte numérisé non relu

CAUSES DE CETTE RAPIDITÉ

jours aimé les pouvoirs forts. Lorsqu'elle vit un petit groupe de parlementaires, soutenus par une poignée de gentilshommes, tenir en échec le gouvernement de Louis XVI, elle en conclut que ce gouvernement n'était plus capable de la conduire. En même temps ' que la royauté perdait son prestige, le roi voyait diminuer sans cesse Tafifection personnelle que ses sujets lui avaient témoignée au début de son règne. Micheletne se trompet-iJ pas, quand, essayant de retracer l'esprit de cette époque, il dit : « Le peuple s'acharnait dans cette surprenante fiction, que tout le mal venait d'ailleurs, que le roi ignorait les choses qu'il signait tous les jours. Quoi qu'il pût faire, la France persistait en ce songe, cette vaine l^ende d'un certain Louis XVI, dans le genre du bon roi Robert ou de Louis le Débonnaire. » J'admets volontiers, que, dans les dernières couches de la nation, parmi les hommes qui vivaient le plus éloignés des affiaires, le plus étrangers au mouvement des idées, l'ancienne légende royaliste conservait encore quelques fidèles croyants. Partout ailleurs, il n'en restait pas grand'chose. Les classes éclairées n'avaient eu que trop d'occasions de voir Louis XVI à l'œuvre et d'apprendre ce qu'elles pouvaient espérer ou craindre de son caractère. Chez elles, la désillusion n'avait pas tardé d'engendrer la désafiection. Sans doute, elles gardaient, dans leurs écrits et dans leurs discours publics, des ménagements qui peuvent tromper à première vue. Il faut souvent lire entre les lignes pour découvrir le fond de leur pensée. Par exemple, un homme de ce temps dira, dans un livre destiné au public, qu'une « crise aussi grave eût exigé la réunion d'un ministre aussi fort que Richelieu, avec un roi aussi soumis dans le conseil et aussi brave dans Taclion que Louis XIII *. » Voilà sous quelle forme détour-

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