RENTRÉE DU PARLEMENT
Après ce discours, vraiment caractéristique, les gens du roi se retirent et le parlement décide aussitôt que la délibération, en ce qui touche la déclaration royale, sera remise au lendemain. Sans doute, la cour trouve qu'elle n'est pas suffisamment garnie de pairs; car elle s'em* presse d'ajouter qu'ils seront formellement invités à ne pas manquer la prochaine séance. Ensuite, un de Mes* sieurs lui dénonce : c les excès, violences et meurtres^ commis dans la ville de Paris depuis le 26 août, » c'està-dire, la conduite de la police dans la répression des troubles, qui ont suivi la chute de Brienne et qui durent encore. Si étrange et si téméraire que fût cette demande, elle n'en est pas moins accueillie avec faveur et empressement : on arrête c que le sieur Dubois, commandant du guet, et M. de Crosne, lieutenant de police, seraient mandés à l'instant en cour, pour donner des éclaircissements sur ces faits, et que M. le duc de Biron ^ serait invité à venir le lendemain prendre sa place en la cour. 9 Deux huissiers sont immédiatement dépéchés au lieutenant de police et au commandant du guet. Celui-ci allègue prudemment une attaque de goutte, et se contente d'envoyer à sa place son major, porteur d'un procès-verbal des événements. Plus hardi, M. de Crosne comparait en personne et refuse de donner des éclaircissements, que, dit-il, on n'a pas le droit de lui demander, c Sur quoi, la matière mise en délibération, la cour a reçu le procureur général plaignant des excès, violences et meurtres, commis dans la ville de Paris depuis le 26 août dernier ; a ordonné qu'il serait informé, même en temps de vacations, desdits faits, circonstances et dépendances, pour, ladite information rapportée, être par la cour ordonné ce qu'il appartiendra. »
Ici la conduite du parlement fut tellement scandaleuse