‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 104 sur 126 · I. Hùl. deLouù XVI, l. H, p. SOS-2oe · texte numérisé non relu

I. Hùl. deLouù XVI, l. H, p. SOS-2oe

D,g,t7„lb,.GOOgIC

PRÉLIUINAIRBS DE L& KÉVOLUTION DE JUILLET 307

a même de très simples et de très naturels, dont ses détracteurs se sont emparés pour en faire contre elle un prétexte de blâme ou de ridicule. Ainsi Rivarol ', tout en reconnaissant la bonne foi de l'Assemblée, prétend que la majorité, cette majorité < qui n'était d'aucun parti, qui n'a été d'aucun secret, qui n'a montré ni vice ni vertu *, ne s'est décidée à la lutte que sous l'empire de deux sentiments à peine avouables, < la peur et la vanité i .

La peur surtout. « C'est, dit-il, par la terreur profonde que leur inspirèrent le rassemblement des troupes et l'approche de l'artillerie, qu'ils se jetèrent dans les bras des Parisiens qui partageaient leur effroi, et qu'ils sanctionnèrent l'insurrection. C'est par la même cause qu'ils applaudirent à la défection des troupes réglées, et qu'ils armèrent les paysans d'un bout du royaume à l'autre.... C'est à cause de cette terreur, dont l'Assemblée n'a jamais pu bien se guérir, que, de jour en j.our, coupables instruments du crime, ils n'ont cessé d'arracher à la couronne quelque prérogative nouvelle et qu'ils ont fini par l'anéantir tout à fait. » Il y a dans tout ceci un fond de vérité manifeste. Seulement cette vérité est présentée sous des couleurs fausses qui l'altèrent et la dénaturent. Les gens obscurs et sans ambition qui composaient l'immense majorité de l'Assemblée nationale ne pouvaient avoir peur pour eux-mêmes. Aucun sentiment de crainte personnelle ne troublait la lucidité de leur bon sens. Tout au plus pourrait-on dire que quelques-uns de leurs chefs les plus en vue s'étaient laissé émouvoir par les menaces de la cour, Mirabeau notamment. S'il faut en croire ceux qui t'ont le mieux connu ', < il savait, et il le disait souvent, qu'il n'y

Page 1