MémoiTe; p. 332-23S
3. Correrp. avtc le comte de La Marck. Introduclion par H. de Bacourt, t. 1, p. Slt. De même que Mirabeau, tes principaux cbefe da parti po-
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308 LA CHUTE DE L'aNCIEN RÉGIMB
avait de sûreté pour lui que dans la révolution, et que, par intérêt comme par sentiment, il ne voulait pas la répudier >. Hais tous les députés n'étaient pas, comme le grand orateur, désignés aux représailles du parti de l'ancien régime. La plupart des membres de la majorité n'avaient qu'une chose à craindre, c'est que l'œuvre de réforme à laquelle ils avaient dévoué leurs efforts fût interrompue dans le début; c'est que leur pays retombât dans les hontes et dans les misères dont ils avaient espéré le voir sortir. Quoi qu'en dise Rivarol, ce n'est pas ici la peur de poltrons, c'est la sage prévoyance de bons citoyens, et, si tel a été le mobile de leur conduite, loin de les en blâmer, il est juste de les en applaudir.
D'où vient aussi que Rivarol qualifie de vanité le second des sentiments auxquels il attribue la résistance de l'Assemblée? Il la dépeint comme • chatouillée par le puéril et sot orgueil d'étonner le monde, de tout détruire et de tout reconstruire à la fois, et de ne rien laisser, à faire à la postérité >. Plus tard, je ne conteste pas qu'elle ait encouru quelques reproches de ce genre. Après tant de succès éclatants, tant de victoires foudroyantes, elle a fini par se croire tout permis. Elle n'a reculé devant aucune réforme; elle n'a souffert ni délai ni obstacle. Mais, à l'époque oà nous étudions sa conduite, elle était loin d'être aussi hardie et aussi exigeante. Ses vœux se bornaient uniquement au rejet des déclarations du 23 juin. C'est dans ce but qu'elle résistait aux entreprises de la cour. La vanité n'a rien à faire là dedans. Pour moi, je n'y vois que l'expressimi fidèle des répugnances du pays et le ferme dessein de s'unir avec lui pour faire prévaloir leur volonté commune.
Halouet n'est guère plus indulgent que Rivarol eo-
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