PHÉLIUINAIRES DE LÀ RÉVOLUTION DB JUILLET 3IK
je le demande, qui pouvait demeurer insensible? Malouet ne s'est pas trompé quand il a vu tout le monde se jeter dans la mêlée. Tout le monde y était bien, sans complots, sans factions, sans intrigues, par le seul effet d'un de ces transports subits, qu'on a revus de nos jours à la suite des ordonnances de juillet 1830, et dont les déclarations du 23 juin 1789 ont provoqué la première explosion.
Cependant une objection se présente à tous les esprits. Quoi! pas même une seule faction, pas même la faction orléaniste, dont tous les contemporains nous signalent l'existence et l'activité. Non, répond Malouet ', pas même celle-là! < La faction du duc d'Orléans, dit-il, était la seule qui eût bien le caractère de faction, mais sans en avoir la consistance; car elle n'était puissante qu'en s'unissant au parti populaire, qui était immense et très accrédité. » Sans doute, « les agents du duc d'Orléans furent les plus remarqués dans la foule ', mais combien d'bommes ignorés , sans autres instigations que leur propre délire, ou des intérêts, ou des ressentiments particuliers, ont excité, ont même aidé aux massacres >. D'ailleurs, quel rôle la faction orléaniste a-t-elle joué dans les grandes journées révolutionnaires et notammeot dans celles de juillet? En quoi a-t-elle contribué au succès? C'est ici le cas de répéter avec Malouet * : « Quand même le duc d'Orléans et sa faction n'auraient pas existé, nous aurions vu probablement les mêmes scènes ». En tout cas, soyez sûrs que nous aurions vu les folles tentatives de la cour aboutir au même échec et se terminer par le même effondrement.
En effet, Malouet appréciait à sa juste valeur la petite coterie qui s'agitait autour du duc d'Orléans et sous son