Eodeni, p. 29S
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316 LA CHUTE DE L'aNCIEN KÉGIUE
^îouvert. Hommes d'intrigues et de plaisirs, ceux qui la composaient n'avaient rien de ce qu'il faut pour constituer un parti sérieux. La haine qui les animait contre la cour ne suffisait pas pour lui tenir lieu d'opinions politiques, de doctrines sociales, de plan de conduite, toutes choses qui leur faisaient absolument défaut. Leur chef était encore plus médiocre qu'eux, plus incapable de remplir une mission utile au milieu d'événements si graves. Aveuglés par leur affection, ses amis nourrissaient sur son mérite des illusions dont la plupart ne tardèrent pas à revenir. L'un d'eux surtout ne se bornait pas à rêver pour lui un meilleur emploi de son rang, de ses richesses et de son intelligence : il crut un instant possible d'en faire un lieutenant général du royaume, dont le parti populaire utiliserait les tendances libérales pour fonder le régime nouveau. Dans ce projet on s'accorde généralement à reconnaître que le marquis de Sillery apportait une entière bonne foi. A ses yeux, la faiblesse de Louis XVI prenait de telles proportions, qu'elle le rendait absolument impropre à porter le fardeau de la couronne au milieu d'une crise aussi redoutable. Dans son intérêt comme dans celui de la France, il n'avait qu'à remettre le pouvoir dont il était dépositaire, entre des mains plus habites et plus fermes. On s'est indigné de la combinaison du marquis de Sillery; on l'a traitée comme un crime. Notez pourtant qu'à cette époque la même pensée, ou quelque pensée analogue s'offrait aux réflexions de tous les partis. Je ne sais si celui de l'ancien régime est jamais allé jusqu'à concevoir le dessein d'investir le comte d'Artois du titre officiel de lieutenant général. Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'hésitait guère à prendre ce prince pour chef, et qu'il ne craignait pas de s'en vanter. C'est avec lui, sous ses auspices et sous sa direction, qu'il concertait les mesures à l'aide desquelles il comptait se débar- '
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