‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 11 sur 126 · La Révoiulion, l. I, p · texte numérisé non relu

La Révoiulion, l. I, p

3. Nous aomroes • plutAt une cohue qu'une atiemblée », s'est écrié Rewbell dans mn diecoun, cité plus loin, | 5. Voir Ullrei de Mirabeau à if oonoMUantt, p. 21 .

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10 LA CHUTB DE L'ANCIEN RËGIKB

masse, c'est apparemment que la royauté les a convoqués sous cette forme. Que ceux qui ont commis la faute essayent de la réparer, s'il est encore possible. Ils ne sauraient prendre trop de précautions. Avouez, au contraire, que le gouvernement de Louis XVI ne semble guère s'élre montré soucieux du devoir qui lui incombait. Il avait sous la main une salle immense, celle des Menus, qui avait déjà servi aux réunions générales des notables, et qui pouvait à la rigueur contenir environ deux mille personnes, entassées les unes sur les autres. Sans plus ample examen, il la choisit uniquement parce qu'elle est toute prête ou n'exige qu'une faible dépense. Il lui fait subir à la bâte quelques aménagements sommaires, surtout en vue de la séance d'inauguration, delà cérémonie d'apparat qu'il projette. Après quoi, considérant sa tâche comme terminée, il abandonne la suite au hasard des circonstances.

La salle des Menus formait un vaste rectangle ', qu'une double rangée de colonnes partageait, dans le sens de sa longueur , en trois parties de largeur inégale : une nef au milieu, de 57 mètres de large, sur 120 mètres de long, et deux bas côtés, beaucoup plus étroits, resserrés entre les colonnes et les murs extérieurs. A l'une des extrémités de cette nef on ménagea une grande estrade surmontée de dais et de baldaquins, sur laquelle on plaça, conformément aux lois de l'étiquette, un trône pour le roi, un fauteuil pour la reine, des pliants pour les princes, une chaise à bras pour le garde des sceaux; un peu plus bas le banc réservé aux ministres d'État, avec la table sur laquelle il leur était permis de s'appuyer; et de chaque côté d'eux, les sièges destinés aux membres du conseil d'État, aux gouverneurs de province, à tous les fonc-

1. Voyez la description înBérÉa dans les Archives parlementaira, t. I,

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tionnaires de haut rang qui devaient ilgurer dans la cérémonie. Du pied de l'estrade jusqu'à l'extrémité opposée de la salle s'étendait un espace vide et de plainpied, laissé aux membres des États généraux. C'est là qu'on « leur avait préparé des banquettes disposées dans une forme semi-elliptique, dont l'estrade sur laquelle s'élevait le trône formait le diamètre. Les députés du clergé occupèrent la droite des banquettes, situées près du trône; ceux de la noblesse, la gauche. Ceux des communes étaient placés à la suite de ces deux premiers ordres '. » Comment ne s'aperçut-on pas que cette disposition par trop rudimentaire était tout au plus suffisante pwur le premier jour, et ne convenait nullement aux séances ordinaires d'une pareille assemblée, ni même d'une assemblée quelconque?

Dans une des lettres que Mirabeau ne tarda pas d'adresser à ses commettants, il a grand soin de dénoncer cet inconvénient manifeste '. Pour rendre ses observations plus saisissantes, il les place sous la plume d'uo lord anglais, qui est censé lui écrire en ces termes : • J'étais à la séance royale, et je me suis convaincu par mes yeux que dans ■ une salle comme la vôtre il est impossible de délibérer. Pour que des hommes opinent et délibèrent, il faut qu'ils se voient el s'entendent; il faut que, tous en face les uns des autres, ils se transmettent leurs sentiments par leurs gestes, par leurs paroles, par leurs regards; qu'ils se pénètrent, en un mot, par tous leurs sens; or, dans votre salle, tout est au rebours de ces principes. D'abord vos bancs sont de niveau, et par là vous écartent tellement qu'il n'y a que des voix de stentor qui puissent se faire entendre... Ensuite, dans cette disposition de bancs,

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