‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 111 sur 126 · PRÉLIUINAIRES DE LA RÉVOLUTION DE JUILLET · texte numérisé non relu

PRÉLIUINAIRES DE LA RÉVOLUTION DE JUILLET

raaser de l'Assemblée et restaurer la monarchie absolue. Quant au pauvre Louis XVI, on se cachait de lui, on se réservait de lui tout apprendre lorsque tout serait devenu irrévocable. Le roi vivait à côté du trône plutôt que sur le trône ; et la nomination d'un lieutenant général, d'un protecteur, d'un ministre omnipotent, n'aurait pas sensiblement altéré la part d'autorité personnelle qu'il pouvait exercer sur les afiFaires de son royaume.

Convaincu de cette vérité, le marquis de Sillery ne faisait aucun mystère du plan qu'il avait conçu. Il en parlait sans scrupule, comme d'une solution parfaitement digne de l'attention des hommes d'État et des citoyens dévoués à leur pays. Au fond, ce qui rendait Bon système inacceptable, ce n'était pas tant le principe sur lequel il l'appuyait, que le choix du prince auquel il proposait d'en confier l'exécution. Voyez ce qu'en disent les plus graves historiens; Droz lui-même, qui ne lui épargne pas de justes critiques, ne peut néanmoins s'empêcher d'ajouter ' : < Les dangers du royaume et la nullité du roi étant d'une égale évidence, si l'un des princes eût offert les hautes qualités qui sauvent un empire, les hommes éclairés auraient désiré sans doute que Louis XVI voulût se mettre en tutelle pendant tes jours d'orage; mais ce moyen de salut manquait à la France ». Allons plus loin : personne en 1789 ne contestait la nécessité d'une tutelle quelconque pour suppléer à l'insuffisance manifeste du roi : seulement il n'y avait pas de talent qui parât capable et cligne de remplir ces difliciles fonctions.

Quoi qu'il en soit, les amis du duc d'Orléans s'étaient emparés de l'idée du marquis de Sillery et cherchaient à s'en servir pour donner une nouvelle impulsion à leurs intrigues. Un de leurs premiers soins

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