Mtmoirea, édîtioD «le Lescure, p
D,g,t7„lb,.GOOgIC
OUVBRTDBE DES ÉTATS GËNËRAUX -15
ment unies. Messieurs du tiers recueillirent un autre avantage non moins précieux de leur permanence dans la salle des États. Cette salle était la seule qui, par sa grandeur et ses dispositions, permit de rendre les séances publiques. Une foule d'hommes de tout âge, de tout état, accouraient chaque jour de Paris et des environs de Versailles. Ils suivaient les délibérations, se nourrissaient de tous les sentiments dont on voulait les nourrir, adoptaient tous les principes qu'on voulait leur faire adopter. Le peuple s'accoutuma bientôt à regarder la salle où s'assemblaient Messieurs du tiers comiDe le centre de la représentation nationale, et tes députés qui y siégeaient, comme les seuls députés qui méritassent sa confiance. » II n'y a qu'une chose à reprendre dans cette juste appréciation do M. de Ferrières. Sa haine de grand seigneur contre le directeur général des finances l'entratne trop loin. Il suppose â Necker des plans, des arrière-pensées, un machiavélisme dont ce ministre était incapable. En veut-on la preuve, une preuve que personne ne récusera : Malouet raconte qu'en découvrant le danger de l'installation du tiers état dans la grande salle, un certain nombre d'hommes prudents et modérés s'empressèrent de chercher un remède à ce mal inattendu. « Eh bien! croiraiton, ajoute Malouet ', que M. Necker ait eu la pensée de supposer un accident d'éboulement de terre, d'enfoncement des caves des Menus, ou de faire écrouler pendant la nuit la charpente de la grande salle, pour déplacer et installer séparément les trois ordres? C'est à moi qu'il l'a dit; c'est dans la première huitaine de notre réunion qu'il a eu cette idée, dont j'eus assez de peine à le détourner, en lui en faisant apercevoir les dangers. Si je le révèle aujourd'hui, ce. n'est ni pour