‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 17 sur 126 · ODVBKTDHB DES ÉTATS GÉNÉRAUX SI · texte numérisé non relu

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que Necker eût gardé le silence. C'est lui surtout qu'on avait hâte d'entendre. C'est de ea bouche que tous les partis attendaient ce qu'ils avaient à craindre ou à espérer. Afin de concilier les anciennes traditions avec l'impatience publique, Louis XVI avait terminé son discours par ces mots : « Mon garde des sceaux va vous expliquer plus amplement mes intentions, et j'ai ordonné au directeur général des finances de vous en exposer l'état. » L'ordre était formel : Necker en profita pour prendre la parole après M. de Barentin. Il commença par lire lui-même les premières pages d'un long rapport, qu'il chargea ensuite M, Broussonnet, secrétaire perpétuel de la Société d'agriculture, de continuer à sa place '. Cette lecture fatigante dura près de trois heures. D'aibord elle fut accueillie avec autant de bienveillance que d'intérêt. et de curiosité. Necker conservait encore les sympathies presque unanimes du tiers état, du bas clergé et du petit groupe de la noblesse libérale. « On était, dit Mirabeau ', ivre du désir d'applaudir, et l'on a applaudi jusqu'à satiété. • Peu à peu l'enthousiasme se refroidit. Au milieu de quelques phi-asea sonores, habilement ménagées pour plaire à tous les partis, les auditeurà attentifs crurent démêler des maximes, des développements qui surprirent de la part d'un ministre considéré jusqu'alors « comme la colonne du peuple ' ». Ce fut bien pis quand il se prononça nettement contre l'adoption immédiate de la délibération par tête. La plupart de ses amis ne pouvaient en croire leurs oreilles. Un instant, ils cessèrent d'applaudir, tandis que les partisans de l'ancien régime, qui, pendant le reste du discours, < avaient gardé tantôt un morne et tantôt un

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