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22 LA CHUTE DE l'aNCIBN RÉGIME
dédaigneux sileace ' », se décidèrent à risquer de tardives acclamations. Necker s'aperçut bientôt de l'impression fàcheuae qu'il venait de produire. Il reprit son rapport des mains de M. Broussonnet et, par une lecture plus vive, mieux accentuée, il essaya de soutenir l'attention et de reconquérir la faveur de la majorité. Ses efforts échouèrent contre le mécontentement des uns et la fatigue de tous '.
Examiné de sang-froid, son discours ne mérile pourtant pas toutes les critiques qu'on lui a prodiguées. Une de celles que les contemporains répètent avec le plus d'insistance, c'est qu'il n'a pas osé parler de la constitution à faire, c'est qu'il a volontairement négligé de recommander aux États généraux ce qui devait être le principal objet de leur mission '. On eût dû réfléchir que sa position personnelle lui imposait sur ce point une certaine réserve. Appelé, comme directeur générai, à exposer l'état des fmances, il était tenu de laisser au garde des sceayx les grandes questions de politique pure. Encore lui doit-on cette justice que, tout en restant Qdële observateur de la tradition, 11 a trouvé le moyen de laisser apercevoir le fond de sa pensée de manière à ne laisser aucune incertitude. Dès "le début de son discours il avait eu soin de dire * : < Ce n'est pas au moment présent, ce n'est pas à une régénération passagère que vous devez borner vos pensées et votre ambition : il faut qu'un ordre constant, durable et à jamais utile devienne le résultat de vos recherches et de vos travaux; il faut que votre marche répondeà la grandeur de votre mission... c'est vous. Messieurs, qui, en avant pour ainsi dire des générations