‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 21 sur 126 · Bûl.parl., 1. 1, p · texte numérisé non relu

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OUVERTURE DBS ATATS GÉNÉRAUX 27

rendu vos intérêts égaux et parallèles. ■ Toute cette partie est bien vague, bien incertaine et bien chimérique. On a vraiment peine à croire que jamais Neclter eût été dupe des illusions sur lesquelles il fonde son système. Comment, par exemple, a-t-il pu se figurer que la seule renonciation des privilégiés à leurs exemptions pécuniaires suffirait pour rendre € égaux et parallèles » les intérêts des deux premiers ordres et ceux du tiers état? Encore une fois, il ne se soucie guère d'aller au fond des choses. Pourvu que les finances retrouvent leur élasticité, pourvu que le déficit soit comblé par l'argent de l'aristocratie, il fait bon marché de revendications qu'il n'a jamais approuvées. Rivaroi ' prétend que « ce discours le perdit à Paris et qu'il fallut ensuite une disgrâce éclatante pour lui redonner la faveur populaire ». Le fait est que les communes attendaient bien autre chose d'un ministre qu'elles s'étaient habituées à regarder comme un protecteur et presque comme un chef. Elles étaient entrées ivres d'applaudir : elles sortaient ivres de blâmer et de se plaindre.

Quand la séance fut levée, le premier instant de réflexion ùt sentir à tous les assistants que le mode de délibérer n'était plus la seule cause de conflit qui divisât les États généraux; une question, encore plus urgente, à laquelle personne ne s'était préparé ', venait de surgir tout à coup. Il faut entendre à ce propos les royalistes eux-mêmes, ou du moins les royalistes modérés, déplorer avec amertume l'insigne maladresse du gouvernement. Ne sachant comment expliquer une telle faute, ils y cherchaient des motifs inavouables : ils imaginaient

1. H^moirei, p. ISt, Dans un autre paasago [p. 220), REvarol observe que ce di«CAurs • mécontenta tous les partis, parce qu'il était fait dani naleotioD de les contenter tous >. Selon lui, Necker oaTrit les Etata géDéraui, • coDinie JanoB ouvrait l'année romaine, avec uQe tète à double

i. Rabaut-Saint-Ëtisnae, (Euvret, t. I, p. lOi.

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des combinaisons secrètes, qui peut-être n'ont jamais existé que dans leur iniaginalion. Le récit du marquis de Ferrières ' noua offre un curieux spécimen de cette disposition des esprits. Il est ainsi coqçu : < La manière dont venaient de s'expliquer le garde des sceaux et le ministre Necker annonçait que l'on était loin de regarder la délibération par tête comme une conséquence naturelle et nécessaire de la double représentation : mais le ministre et le garde des sceaux ne disaient point où et comment seraient vérifiés les pouvoirs des députés; on jetait cette pomme de discorde entre les ordres '. II eût été si facile de résoudre cette question, de prévenir les querelles qu'elle allait faire naître. Le roi n'avait qu'à indiquer une seconde assemblée générale, dont l'objet eût été de vérifier les pouvoirs des députés. Certainement le roi était autorisé à connaître ceux que la nation avait revêtus de sa confiance et chargés de traiter de ses intérêts les plus chers avec lui *. Une commission composée de députés des trois ordres aurait jugé, conjointement avec le garde des sceaux, les pouvoirs susceptibles de difïicultés. Au lieu de cette marche simple, on se contenta de dire aux députés de remettre leurs pouvoirs à M. de Brézé, grand maître des cérémonies; cette mesure ridicule fut même abandonnée; le grand maître des cérémonies ne demanda point les pouvoirs, aucun des députés ne les lui offrit. On voulait se réserver un moyen d'entraver la marche des États généraux, et même de les dissoudre si l'on s'apercevait qu'ils tendissent trop ouvertement à entreprendre sur la pré-

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