I. Œunret, p
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tion des pouvoirs, « les députés du peuple disaient que, lors même que les ordres devraient délibérer séparément, ce que les communes ne pensaient pas, les pouvoirs devraient être vérifiés en commun ; et que, chaque ordre devant délibérer sur les propositions générales, il convenait à chacun de savoir si les députés des autres étaient légalement nommés * >. L'ouverture des États généraux était à peine accomplie, et déjà les symptômes d'une guerre acharnée se manifestaient de toutes parts.
Une autre maladresse des ministres, sans avoir des conséquences aussi graves, ne mit pas moins en fâcheuse évidence les incertitudes et la faiblesse de leur conduite. Malgré ta tolérance accordée aux brochures dans le cours de la dernière crise, les règlements sur la librairie n'avaient pas subi la moindre modification, et maintenaient, en matière de presse, les prohibitions rigoureuses usitées sous l'ancien régime. Il n'y avait même pas alors de journaux proprement dits. Le Mercure de France et le Journal de Paris, qui seuls en portaient le titre inexact, étaient plutôt des revues périodiques que des journaux comme nous les comprenons aujourd'hui. Ils ne devaient la faveur d'assez nombreux abonnements qu'au privilège exclusif dont ils jouissaient et qui les mettait à l'abri de la concurrence. Ce privilège leur coûtait du reste assez cher. De nos jours, nous avons vu les journaux officiels ou officieux subventionnés par le pouvoir. Jadis, au contraire, le Journal de Paris et le Mercure de France étaient obligés de mettre à la disposition du ministère une certaine