ItoniUur uninersel, 2* Dumèro, du 6 au li mai
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OUVERTDRE DBS ÉTATS GÉNÉUUX 3S
après une période de tolérance poussée jusqu'à Pabua, il était nécessaire aussi d'ajouter que le gouvernement se garderait de tomber d'un excès daas un autre; que, eu égard à la nature exceptionnelle des circonstances, il s'empresserait d'autoriser tous les journaux qui lui pré-, senteraient des garanties suffisantes, et qu'il se montrerait encore plus facile à l'égard des députés qui s'imposeraient le devoir de faire connaître au pays les actes de ses mandataires. Surtout il ne fallait pas, sous prétexte de maintenir le respect de la loi, manquer aux engagements solennels contractés envers la nation. Dans le Résultat du conseil du 27 décembre 1788, le roi n'avait-il pas réservé aux États généraux le droit de statuer sur la liberté de la presse? Et voilà que, dans l'arrêt du 6 mai, il ne leur reconnaissait plus que le droit de lui présenter des observations, dont il tiendrait tel compte que bon lui semblerait. Quelle idée se faisaitil donc de leur mission? Est-ce que la trop fameuse théorie de Lamoignon sur la seule volonté régnait encore à la cour? On dirait que le gouvernement de Louis XVI a'était plus capable de prendre aucune mesure d'ordre sans la compromettre par quelque faute, sans froisser l'opinion publique, et sans fournir aux passions populaires un aliment funeste.
Le lendemain 7 mai parut un nouvel arrêt du conseil, spécialement applicable au journal de Mirabeau '. Celui-ci ne se contente pas d'invoquer les prescriptions de la loi existante : il apprécie l'œuvre qu'il frappe, ou plutôt, suivant l'habitude, il la fait apprécier par le roi en personne. Ce prince, dit-il, ■ a cru devoir marquer particulièrement son improbation sur un écrit aussi condamnable au fond qu'il est répréhensible en la forme ». , Ed conséquence il le supprime comme > injurieux et
i. Moniteur unnstritl, numËro d^&cilé.
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portant avec lui, sous l'apparence de la liberté, tous les caractères de la licence >. Il ordonne à tous ceux qui en détiendraient quelques exemplaires < de les porter au greffe du conseil pour y être supprimés >. Il épuise à ce jpropos l'arsenal des anciennes sévérités. Cette mesure intempestive souleva contre elle ceux-là même qui ne professaient pour le caractère de Mirabeau ni sympathie ni estime. Ce n'était pas là une question de personne, sur laquelle il fût permis d'hésiter, mais une question de principe, qui touchait tout le monde et qui intéressait la France entière.
A ce moment, les électeurs de la ville de Paris étaient occupés de la rédaction de leurs cahiers. Le8 mai, ceux du tiers état étaient réunis '. Target se chargea de leur dénoncer les deux arrêts du conseil, et leur soumit un projet de protestation, qu'ils acceptèrent après un court débat. Il n'y 'eut même aucune diiîiculté sur l'objet principal. Seulement, quelques électeurs témoignèrent la crainte que leur intervention ne semblât impliquer l'approbation du journal supprimé. Pour rassurer leur conscience, Target fut obligé d'ajouter à sa rédaction primitive le membre de phrase qui termine le premier alinéa. Après quoi l'ensemble fut voté à l'unanimité, dans les termes suivants ; » L'assemblée du tiers état de la ville de Paris réclame unanimement ' contre Tacte du conseil qui supprime le Journal des États généraux et en défend les suites, et qui prononce des peines contre l'imprimeur, sans néanmoins entendre par là approuver ni blâmer le journal. — Elle réclame en ce que cet acte du conseil porte atteinte à la liberté publique, au moment où elle est la plus précieuse à la nation; en ce