Mirabeau, Lellrei à ie> commetlaafi
jamais l'assemblée n'avait eu besoin d'une attention plus soutenue, ni d'une plus entière liberté d'esprit. Par ce double motif il demanda que la discussion eût lieu à huis clos, et que le public fût immédiatement expulsé de la salle. A ces mots les spectateurs se révoltent. Un député de Provence, Bouche, lui crie de sa place : < Apprenez, monsieur, que nous délibérons ici devant nos maîtres et que nous leur devons compte de nos opinions ». Volney reprend : « Il n'y a pas d'étrangers ici, il n'y a que des frères ». — « Ces belles déclarations, dit à son tour Malouet dans ses Mémoires, furent couvertes d'applaudissements et ma proposition de huées. » Peut-être eùt-il été juste d'ajouter que la circonstance n'était pas assez grave pour justifier l'inauguration d'un système aussi sévère, et qu'en rejetant la motion dans ce qu'elle avait de trop absolu, l'assemblée n'en prit pas moins en considération ce qu'elle avait de raisonnable. < Le doyen, porte le Récit officiel ', a invité de nouveau les personnes étrangères à l'assemblée à ne se placer que dans les travées ou sur les gradins, et non dans l'enceinte destinée aux députés, et à s'abstenir de tout signe d'approbation ou d'improbation, quelles que fussent les opinions proposées, et de quelque manière qu'elles fussent énoncées. » Cet incident vidé, l'assemblée prit soin de régler l'ordre et la marche de la délibération *, puis elle s'ajourna à quatre heures du soir pour !a continuation des débats.
Dans l'intervalle, l'arrêté que la noblesse venait de prendre sur la motion du marquis de Bouthillier avait eu le temps de se répandre au dehors. Il était connu