MimoiTes, p. 32 et suiv
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Bouthillier, lut un arrêté, qu'il iovita le président de soumettre à la discussion, comme très propre à concilier les droits de l'ordre avec les vues conciliantes du monarque. Tous les échos se réunirent pour répéter que c'était le seul parti qui convint dans la circonstance. Néanmoins cette fois-ci les gens raisonnables l'emportèrent; l'arrêté de Bouthillier fut rejeté et le plan du ministre admis avec de légers amendements. « Quoi qu'en dise Ferrières, la prétendue victoire des gens raisonnables n'était qu'une victoire essentiellement relative. Ea vérifiant les termes de l'arrêté du 5, on y trouve ces seuls mots : « Il a passé à la pluralité de 158 voix contre 76 qu'il convenait d'apporter au plan proposé des explications ou des amendements' >. La formule est bieo différente de ta version donnée par Ferrières, car elle aboutit àdire : Le plan n'est admis qu'à charge d'explications ou d'amendements.sur lesquels nous nous réservons denous expliquer plus tard. Si ce n'est pas là un refus déguisé sous un ajournement, il faut reconnaître que déjà la résolution prise s'en rapproche beaucoup : et d'ailleurs la noblesse ne se contenta pas longtemps de l'arrêté du 5. Ferrières continue son récit en ces termes : « Bouthillier et les commissaires conciliateurs ne se tinrent pas pour vaincus. Il y eut le soir une conférence secrète chez la duchesse de Polignac ; on rédigea au club un second arrêté, qu'on assura plus conciliant que le premier; c'était le plan lui-même (de Bouthillier) avec desmodifications absolument nécessaires; on le dit à ceux qui voulurent l'entendre; les uns le crurent, les autres feignirent de le croire;et le second arrêté passa.» Le voici tel qu'il fut communiqué aux communes par une. députation *,
1. VoyeE Procéi-ixrbal officiel des séantes de la noblesae, p. 113-185.
i. Oo y remarquait le vicomte de Uirabe&u, Uirabeau-lonneau, comme l'appelaient ses contemporains : ■ C'est la premlËre tois, dit BaiUy dans ses Mémoire» (t. I, p. 116), que Je Tis les deux [rères en présence. •
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que présidait le marquis de Bouthillier en personue. « L'ordre de la noblesse, aussi empressé à donner au roi des témoignages de son amoar, de son respect et de sa confiance dans ses vertus personnelles, que de prouver à la nation entière le désir d'une conciliation prompte et durable, et fidèle en même temps aux principes dont il n'a jamais cru devoir s'écarter, re(;oit avec la reconnaissance la plus respectueuse les ouvertures que Sa Majesté a bien voulu lui faire communiquer par ses ministres; en conséquence, sans adopter quelques principes du préambule, il a chargé ses commissaires de rappeler à la prochaine conférence que la noblesse avait arrêté précédemment qu'elle vérifierait ses pouvoirs dans son sein, prononcerait sur les contestations qui surviendraient sur leur validité, lorsqu'elles n'intéresseraient que ses députés particuliers, et en donnerait une connaissance officielle aux autres ordres. — Quant aux difficultés survenues ou à survenir sur des députations entières, pendant la présente tenue d'États généraux seulement, chaqueordre chargera, confonnément au désir du roi, des commissaires de les discuter avec ceux des autres ordres, pour que, sur leur rapport, il puisse y être statué d'une manière uniforme dans les trois chambres séparées, et, au cas que l'on ne put y parvenir, le roi sera supplié d'être leur arbitre. » Au premier abord il est difficile de saisir le sens de cette longue tirade au milieu des périphrases dont elle s'enveloppe à plaisir. Avec un peu plus d'attention on ne tarde pas à reconnaître que la noblesse rejette complètement le plan de Necker et persiste à vérifier seule les pouvoirs de tous ses membres, qu'ils fussent ou non contestés. Elle garde intact le droit de statuer sur toutes les difficultés qu'ils soulèvent. La seule concession à laquelle elle se résigne est de soumettre, d'abord à l'examen des trois ordres, ensuite à la déci-
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siOD royale, les pouvoirs produits par des députatioiis entières, c'est-à-dire des députations dont tous les iDembres avaieot été nommés d'un seul coup, par un seul et même coUéige électoral, comme celle du Daupbiné. Le cas était si rare que le sacrifice ne coûtait guère à soQ orgueil.
Le tiers état se souciait encore moins que la noblesse d'accepter les propositions ministérielles. Il n'y trouvait que des inconvénients, sans le moindre avantage. Seulement il hésitait à prendre la responsabilité d'un refus. U craignait de s'exposer, devant l'opinion publique, au reproche d'une rupture qui devait tout remettre en question. Tant qu'il ne commit pas la faute, dans laquelle le marquis de Bouthillier et ses adhérents entralnèr^t la noblesse, il louvoya, il eut la sagesse de dissimuler son mécontentement et de se réfugier dans l'emploi de quelque moyen dilatoire. Quelques-uns de ses membres firent observer qu'au cours de la dernière conférence les commissaires de l'ordre s'étaient réservés le droit de compléter leurs explications sur le mémoire du comte d'Entralgues, et que l'unique moyen d'assurer l'effet de cette réserve était de surseoir à délibérer sur l'ouverture proposée jusqu'après ia clôture du procèsveri)al. On s'empressa de saisir ce joint et de sortir d'embarras en décidant qu'on n'examinerait le plan de Necker qu'après la fin des conférences. < C'est sans doute », écrivait plus tard Mirabeau ', rendu moins circonspect par l'imprudence de la noblesse, « une manière bonnéle dont on s'est servi pour déclarer qu'il n'y avait pas lieu de délibérer sur cet objet. • C'était surtout une manière habile de rejeter sur autrui la responsabilité qu'on redoutait pour soi-même.
Malgré ces incidents, la quatrième conférence se