CHAPITRE XVIII
L ASSEMBLES NATIONALE
I. Le Club breton. — II. HouTemenl des esiurlls (depuis l'oOTer' ture des Elats géniraui). — III, VértBc&tioD générale des pouvoirs. — (V. Premières motions Bur la constitution de l'assemblée (séances dn 15 juin). — V. Halouet et l'opposition de droite. — VI. Fin des dibats (séances du 16 Juin). — VII. Proclamation de l'Assemblée nalionale.
Au moment où l'assemblée se dispose à entrer en campagne, à côté d'elle s'organise et se développe une force irrégulière, le Club breton, qui devait un jour, pour le malheur de la France, devenir le Club des Jacobins. On en connaît la première origine; nous l'avons montrée dans un des vœux exprimés par le cahier du tiers état de la sénéchaussée de Saint-Brieuc. Si les députés des autres parties de la Bretagne ne reçurent pas les mêmes instructions écrites, nul doute que la plupart ne soient partis pour Versailles avec des recommandations verbales absolument conformes. En arrivant, ils se réunirent, et, après avoir fait choix d'un local convenable *, ils s'y installèrent sous le titre de
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ItS LA CHUTE DE L'aNCIGN RÉGIUE
Chambre de la province de Bretagne '. Non seulement ils y délibéraient sur la ligne de conduite qu'ils devaient suivre, mais ils s'y tenaient en communication constante avec leurs électeurs, par l'intermédiaire de bureaux établis dans presque toutes les villes, et spécialement chargés de servir de trait d'union entre les mandants et les mandataires. Plusieurs archives offrent le précieux avantage de conserver la correspondance encore inédite qui résulta de cet arrangement. Dans quelques autres localités, elle a été imprimée. Brest ne craignit pas de publier les avis confidentiels que lui adressaient ses députés, Moyot et Legendre, sans prendre la peine de les consulter d'avance sur cette indiscrétion. « Les lettres de M. de La Ville-Leroux aux citoyens de Lorienl et celles de M. Corroller du Moustoir à ses très chers concitoyen.-! d'Hennebont furent également livrées à la publicité *. » Si jamais on se décide à recueillir dans une collection complète les sources de l'histoire révolutionnaire, espérons que l'on n'oubliera pas qu'il y a là une mine de renseignements pleins d'intérêt et dont la Bretagne n'a pas le privilège exclusif, car on retrouve partout des filons de nature analogue et non moins dignes d'être mis en lumière *.
Bientôt la Chambre de la province de Bretagne prit un titre plus large et s'intitula Club breton. C'est qu'aussi son caractère primitif n'avait pas tardé de subir une modification essentielle. Un grand nombre de députés des autres provinces s'y firent recevoir dès qu'ils le purent. Ceux de la Franche-Comté, dit-on, donnèrent le premier exemple. Puis vinrent ceux d'Anjou, parmi lesquels La Révellière-Lépeaux. Peu à peu le
1. DuchdUllier, la Révot. en Bretagne, 1. 1, p. 163 et suivanleB.