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3. Un certaiD nombre de soriétés historiques ou de revues provinciales onl déjà commeDcé la publication des correspondances de ce genre. Voyez, par exemple, la Rewt ttAtiaee, cilée un peu plus loin.
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l'assemblée nationale 119
cercle s'agrandit, et de proche en proche il embrassa tout le royaume. On vit même, au Club breton, des membres de la noblesse et du clergé, surtout depuis la réunion des ordres. Ce n'était pas au début, comme on pourrait le croire, un ardent foyer d'opinions révolutionnaires. « On y fit d'abord des propositions très modérées, dit Bertrand de Molleville *, et il y fut arrêté, dans les premières séances, qu'on éviterait une révolution s'il était possible. Quand on connaît cette disposition, on a lieu de s'étonner que le ministre de ce temps-là, qui craignait tant d'employer la force, ait négligé d'employer ici les ressources des gouvernements faibles... Le Club breton, qu'une main habile aurait pu diriger vers le salut de la monarchie, se tourna contre elle, et cette réunion, qu'on avait dédaignée, ne tarda pas à devenir formidable par le nombre des chefs de faction qui vinrent bientôt s'y joindre. » Fût-elle complètement dénuée de preuves, cette assertion n'en mériterait pas moins quelque confiance, par cela seul qu'elle émane d'un homme qui avait été longtemps intendant de la généralité de Rennes et qui avait toujours conservé des relations avec ses anciens administrés. D'ailleurs, Molleville a pris soin d'entrer dans des détails qui ne peuvent guère laisser de doute sur la véracité de sa parole.
Il raconte que, dans les premiers jours de juin 1789, il eut, à Versailles, une conférence avec plusieurs membres du Club breton. L'un d'eux, Ghampeaux- Palasne *, député de Saint-Brieuc, parlant au nom de ses collègues, lui exposa leurs intentions conciliatrices, leur embarras sur la conduite à tenir, leur désir de recevoir
i. Hitt. de la RiB. fr., t. 1, p. 31S.
i. CmI ainsi que le nomme Bertrand de Molleville. Il ligure sur les listes de l'ateemblée eoas le nom de PalsEne de Champeaui, sénécbal de SaioL-Brieuc [Arch. pari., t. I, p. 60S). EnBa il a signa les cahiers de celte sén£choussée : de Cbampeaux-Pal&sae {eodem).
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les conseils d'un homme sage et éclairé. Bertrand de Molleville leur répondit que le seul conseil qu'il eût à leur donner était de se mettre en rapport avec Necker. Ils répliquèrent aussitôt qu'ils ne voulaient pas aller voir le ministre, de peur de se compromettre, mais que, s'il consentait à leur transmettre quelques instructions, ils seraient lieureux de les suivre et de les répandre. « J'allai le lendemain, continue Molleville ', chez M. Necker, lui faire part de la proposition dont j'étais chai^ et à laquelle il fit la réponse ta plus négative, fondée sur sa morale et sur ses prétendus principes. > En effet, lui aussi, il craignait de se compromettre s'il laissait deviner quelque liaison avec les membres du tiers état. Sa morale était de ne mécontenter personne, surtout les ordres supérieurs ; ses principes consistaient à n'avoir l'air de se mêler de rien, pour devenir plus sûrement indispensable à tous. Après cette tentative infructueuse, les plus modérés d'entre les membres du Club breton surent que le gouvernement leur refusait même de simples conseils. Livrés à eux-mêmes, sans guide, sans appui, ils finirent par se laisser aller au courant des circonstances, et, désespérant d'arriver à une solution pacifique, ils se résignèrent à prendre leur.part du combat dont la nécessité leur paraissait inévitable.
Pendant que Necker négligeait de se ménager des intelligences avec le Club breton et de le maintenir dans les voies modérées dont il ne s'était pas encore éloigné, les chefs du parti révolutionnaire, plus habiles et plus clairvoyants, s'empressaient d'acquérir le concours d'une réunion si importante. Avant de lancer ses fameuses motions, l'abbé Sieyès ne manqua pas de les lui soumettre. D'abord il s'abstint de lui démasquer toutes ses batteries, de peur d'effaroucher la modération