il n'y eut pu séance le jeudi 11, h cause de U Féte4)ieu
3. La noblesse se contenta de répondre qu'elle allait eiaminer l'invitatlOB qu'elle fesall de receroir. Le clergâ n'y Ut aucune rèponM.
4. A partir de la Béance du 12 au Eoir ioclueiTement, le BécU de» tianrxt des commune», que nous avone cité jusqu'Ici «ous le litre de Rfttt officiel, est remplaeè par \aproctt-veriMl da eéaiKtt det eotnnmmei jusqu'au 17, oll il devieut le Procét-txrbal de» eéances de CAnemiMe
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140 LA CHUTB DE L'aNCIEN RÉQIUE
la séance du matin que l'on procéderait â l'appel général des dépi]tatioDs complètes, par ordre alphabétique de bailliages ou de sénéchaussées. Les membres présents de chaque députation viendraient successivement déposer leurs pouvoirs entre les mains des adjoints, qui les répartiraient entre les vingt bureaux de l'assemblée. On avait calculé que par ce moyen les titres des 172 dépulations qui composaient les États généraux pourraient être vériHés pronaptement, d'autant plus qu'on était décidé à écarter le plus de difficultés possible. L'appel, commencé par la sénéchaussée d'Agen, fut continué le soir même jusques et y compris la sénéchaussée d'Hennebont. A chaque députation appelée, le procèsverbal porte la mention suivante : Messieurs du cleboé. Nul ne s'est présenté.... Mess[eurs de la noblesse. JVk/ ne s'est présenté. Messieurs des communes. Se sont présentés Messieurs , qui ont remis leurs pouvoirs. Et
toujours la même formule : absence complète des ordres supérieurs.
Le lendemain 13, un incident d'heureux présage vint rompre cette monotonie désespérante. Quand arriva le tour de la sénéchaussée du Poitou, à l'appel des membres du clergé, trois ecclésiastiques se présentèrent et offrirent de remettre leurs pouvoirs. L'un d'eux, Lecesve, curé de Saint-Triaize, jouissait d'une certaine considération dans le sein de son ordre, qui venait de le choisir pour être un de ses commissaires conciliateurs. Les deux autres, Batlard, curé du Poiré, et Jallet, curé de Chérigné, étaient de simples pasteurs de campagne, aussi peu connus jadis qu'aujourd'hui. Hais l'obscurité des personnes influait peu sur le mérite de leur démarche. Avant de déposer ses pouvoirs, Lecesve prit la parole, tant en son nom personnel qu'au nom de ses deux compagnons, et se chargea d'expliquer les motifs ainsi que la portée de leur détermination. • Nous
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accourons, dît-il, à !a voix de la patrie, qui nous presse d'établir entre les ordres la concorde et l'harmoaie d'où dépend le succès des États généraux et le salut de l'État. Puisse cette démarche être accueillie de la chambre des communes avec le même sentiment qui nous la commande ! Puisse- t-elle être généralement imitée! Puisse-t-elle enfin nous mériter l'estime de tous les Fraoçais! » A ces mots, des applaudissements unanimes éclatèrent dans la salle . Les députés du Poitou qui représentaient l'ordre du tiers état se jetèrent dans les bras des trois curés. Une émotion profonde et facile à comprendre s'empara de tous les cœurs. Au surplus, l'exemple qu'ils venaient de donner ne tarda pas à trouver des imitateurs. Le jour suivant, 14 juin, « sont entrés, dit le procès- verbal, et ont pris séance sur les bancs du clei^é, Messieurs Besse, curé de Saint-Aubin, député du clergé du bailliage d'Avesnes, Grégoire, curé d'Êmberménil, député du clergé du bailliage de Nancy; Dillon, curé du Vieux-Pouzanges, député du clergé de la sénéchaussée de Poitiers; Guégan, recteurdePontivy, Loaisel, recteur de Redon, tous les deux députés du diocèse de Vannes, et Bodineau, curé de Saint-Bienheuré de Vendôme, député du clergé du bailliage de Vendôme ». L'un des nouveaux venus, Dillon, prend la parole au nom de tous, et témoigne le regret qu'ils éprou- Tent d'avoir été devancés par trois de leurs collègues. S'ils ne se sont pas joints à eux, c'est qu'ils ignoraient leur intention. Mais, comme eux, ils sont convaincus < que le concert des trois ordres peut seul opérer les^eureux effets que la nation parait attendre avec la plus vive impatience >. C'est pour cela qu'ils viennent dans la salle commune joindre leurs efforts à ceux des représentants qui ne demandent qu'à < établir cette union ». Ici, mêmes applaudissements que la veille; mêmes effusions de joie et de reconnaissance.
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142 LA CHUTE DE L'aNCIEN RÂGIUE
Bien entendu, Mirabeau ne manqua pas de signaler ï l'attention de ses lecteurs des incidents aussi dignes de leur intérêt. « Plusieurs curés, dit-il en racontant la séance du 14, sont encore venus présenter leurs titres aux communes. La plupart d'entre eux sont de vénérables pasteurs, dont l'âge avancé ajoute à ce qu'il y a de touchant dans leur réunion avec leurs frères. L'un d'eux.à qui Ton demandait si le clergé délibérait encore, répondit noblement : Il délibère, je l'avoue, mais je ne mets pas ma conscience en délibération. » En effet, depuis l'arrêté du 10, le clergé, d'ordinaire si calme, se livrait à des discussions aussi longues qu'orageuses. Le premier mouvement des partisans de la réunion avec le tiers état avait été de se rendre sans délai dans la salle des États généraux et d'y prendre part à la vérification commune, puis la plupart avaient été retenus par cette considération, que, pour l'intérêt de leur cause, ils devaient continuer à lutter et à voter dans la chambre de leur ordre. Leurs adversaires ne déployaient pas moins d'énergie, et le débat, ardemment soutenu de part et d'autre, se prolongeait indéfinimaDt sans qu'il fût possible de prévoir de quel côté pencherait la balance. Une seule chose était déjà certaine, à savoir, que la moitié environ du clergé, quel que pût être l'avis de l'autre moitié, se tenait prête à rejoindre auprès du tiers état Lecesve, Dillon, Grégoire et autres, dont les noms, suivant moi, mériteraient d'être moins oubliés de nos jours.
Pendant ce temps, la vérification s'achève en toute hâte. Quelques difficultés seulement sont renvoyées à un examen plus sérieux, après la constitution définitive de l'assemblée. Encore quelques-uns des députés soumis à cette remise sont-ils admis à siéger provisoirement, comme Malouet, que les électeurs de Biom avaient tenu à nommer par acclamation, sans se conformer aux
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l'assemblée nationale 143
règles ordinaires. D'un autre côté, à force d'insistance et de diplomatie, Bailly était parvenu à remettre entre les mains de Louis XVI l'adresse prescrite par l'amendement joint à la motion de Sieyès. Était-ce vraiment la peine de prendre tant de précautions pour un si maigre résultat? Voici à quoi se réduisit l'audience royale. En présentant radresse,BaiIIy dit au roi : « Sîrejes députés de vos fidèles communes nous ont chargés de présenter à Votre Majesté leur délibération du 10 juin et cette adresse, qui contient les motifs de leur conduite et les témoignages de leur respect et de leur amour ». Le roi a répondu : • Je ferai savoir mes intentions à la chambre du tiers état sur le mémoire que vous me présentez de sa part. » Tels sont les termes du procès-verbal officiel, et tout prouve qu'ici il est aussi complet qu'exact. Si son laconisme a lieu de surprendre, ce n'est pas assurément sa faute. Il a reproduit toutes les paroles de Louis XVI, absolument toutes. Il n'a pas non plus imaginé ce mot de mémoire, qui semble plutôt applicable à la pétition d'un solliciteur vulgaire qu'à l'adresse des représentants de la France. Bailly, Mirabeau, tous les contemporains, constatent qu'il a été réellement prononcé. Au moins, dans cette étrange réponse, le roi daignait promettre qu'il ferait bientôt connaître ses intentions à ce tiers état qu'il traitait avec si peu d'égards. Eh bienf le croirait-on? la commuoicatiOD promise n'arriva à la chambre des communes que le 17 au soir, quand l'assemblée venait de se proclamer Atsembtée nationale, quand tout était fini, irrévocablement fini. Le gouvernement avait encore perdu J'occasioQ d'influer sur les débats, d'intervenir par des ordres ou par des conseils, de soutenir les modérés et d'imposer aux violents. Gomment, je le demande, s'étonnerait-on si les communes ont pris le parti de se décider, sans souci de l'agrément de qui que ce fût?
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LA CBDTE DB l'anCIBH RÉGIUG
Dans ]a matinée du 15 juin 1789 elles abordèrent les grands débats à la suite desquels, rompant le dernier lien qui les rattachait à l'ancien régime, elles se constituèrent définitivement sous le titre d'Assemblée nationale. Si j'écrivais ici l'histoire parlementaire de la Révolution, je chercherais à rétablir jusque dans leurs moindres détails le tableau exact et complet de ces séances mémorables, où fut tranché le sort de la France contemporaine. La tâche est digne de tenter le zèle d'un travailleur scrupuleux, et jusqu'à présent personne ne l'a remplie avec le soin qu'elle mérite, pas plus MM. Bûchez et Roux, dans leur compilation trop hâtive, que Tbuau-Gran ville et autres, dans le volume qu'ils ont mis après coup en tète du Moniteur. Les matériaux, il est vrai, sont rares et peu satisfaisants. A partir du 10 juin le liécil officiel, qui nous a fourni tant d'indications précieuses, est remplacé par un procès-verbat sommaire, plus que sommaire, où les discussions les plus longues, les plus chargées de paroles et d'incidents, sont résumées en trois lignes d'une sécheresse désespérante. Les journaux du temps ne sont guère plus instructifs, sauf celui de Mirabeau, leur aîné à tous. Ils ne font que de naître; ils sont mal conçus, mai renseignés; et les nouvelles qu'on y trouve ne sauraient inspirer conûance. Heureusement le but que nous nous proposons dans ce livre nous permet de nous réduire aux bornes d'une simple analyse, reproduisant la physionomie générale du débat, et marquant les points principaux, sans insister sur les détails secondaires.
Depuis quelques jours la résolution à prendre était
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l'objet constant des préoccupations de l'Assemblée. Non» avons déjà vu l'abbé Sieyès soumettre au Club breton l'examen de la motion qu'il méditait. Parmi les autres membres qui luttaient avec lui d'influence, plusieurs professaient des opinions distinctes et s'apprêtaient à soutenir une thèse particulière. Chacun comprenait que la discussion publique ne pourrait se prolonger sans un grave inconvénient, et chacun s'efforçait d'y apporter les éléments d'une solution rapide et préparée. Sur le fond du débat ou, comme le disait Mirabeau ', « sur les points vraiment cardinaux, vraiment nécessaires », la plupart, ou même presque tous étaient d'accord. Ce qu'ils voulaient peut se résumer en quelques mots, savoir : extension aux États généraux du régime appliqué aux assemblées provinciales depuis 1779, une seule chambre, une seule assemblée; entre celle-ci et le trône, plus d'intermédiaire, plus de veto, plus d'obstacles; dans ses mains, la plénitude du pouvoir législatif et constituant, sauf réserve de la sanction royale. Ce n'est pourtant pas que le tiers état prétendit exclure la noblesse et le clergé : il leur réservait leurs places, il les tenait à leur disposition, mais il les prévenait que, s'ils ne venaient pas les prendre, il se passerait de leur concours. Voilà le programme adopté par l'ioimense majorité des communes. Les divergences ne commençaient qu'au sujet de la question de forme. Après avoir réglé d'accord la constitution de la nouvelle assemblée, on ne s'entendait plus sur le choix du titre dont on devait se servir pour la désigner.
La première idée qui s'offrait à l'esprit consistait à lut donner le nom qu'elle n'a pas tardé de prendre, et qu'elle conserve dans l'histoire, celui d'Assemblée nationale. Ce n'est pas seulement parce que Sieyès l'avait