Ibîd
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soutenaient, non sans apparence de justice, que la délibération avait porté sur un objet, et que le vote allait porter sur un autre. La difficulté à résoudre n'étant plus la môme exigeait, suivant eux, de nouveaux éclaircissements. Gomme i) ne s'agissait là que d'une question préjudicielle, le doyen eut la malencontreuse idée de la trancher à l'aide d'un procédé sommaire. Il invita ceux des députés qui demandaient le vote immédiat à passer d'un côté du bureau en disant oui, et ceux qui préféraient la remise, à passer de l'autre côté en disant non. A la tête de ces derniers s'agitait Malouet, toujours plus vif que sage, et c'est alors qu'il fut victime d'une agression dont il s'est plaint dans ses Mémoires <, mais qui, du reste, n'intimida pas son courage et n'apaisa même pas son ardeur. « Un homme de la taille et de la figure d'un portefaix, quoique très bien vêtu >, s'était élancé des galeries dans la salle, grâce à la disposition vicieuse des lieux, et, fondant sur lui à l'improviste, le saisit au collet, en le traitant de mauvais citoyen. Ses collègues, indignés, se précipitèrent à son secours. On appela la garde, l'homme disparut, et l'opération commencée put se continuer au milieu d'un calme relatif. Elle sembla concluante au doyen, qui n'hésita pas à proclamer que la majorité des suffrages était acquise au vote immédiat et qu'en conséquence il allait procéder au vote nominal. A ces mots la minorité éclata en cris tumultueux et, par son agitation, par ses clameurs, essaya de rendre toute épreuve impossible. Debout au milieu des deux parties adverses, Bailly attendait, impassible, la fin de cette scène scandaleuse, sans parvenir à calmer l'exaltation des opposants. I! fallut, pour y mettre un terme, < une résolution prudente et sage de la majorité; chaque membre prit le parti de se remettre à sa place et d'y