‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 57 sur 126 · Première édition, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Première édition, 1. 1, p

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rétablir le despotisme à main armée. Lorsque de telles inquiétudes et les ressentiments qu'elles excitent s'emparent de la majorité, il est parfaitement superflu d'essayer tout à coup de la ramener aux principes de la modération et de la justice, i Dans de telles circonstances, mieux valait se taire, retirer ou étouffer une motion complètement inutile, laisser planer un reste de doute sur la disposition des esprits, que de courir au-devant d'un échec certain et rendre le conflit encore plus regrettable en l'accentuant. C'est là ce que Bailly avait voulu dire aux députés qui s'étaient adressés à lui, et son conseil leur parut si sage qu'ils s'empressèrent de le suivre. II y avait encore dans l'Assemblée un homme qui partageait les sentiments de Malouet, et qui, désespérant de les faire prévaloir ce jour-là, n'essaya même pas de les exprimer séance tenante. C'est Mirabeau. On ne cite de lui aucune objection verbale contre la motion de Mounier. Mais ce qu'il ne voulut pas dire à la séance, il trouva moyen de l'écrire dans son journal ainsi qu'il suit ' : < Ce serment, que l'intérêt de la chose publique, évidemment menacée, nous a forcés d'arrêter, de rédiger et de prêter avec quelque précipitation {!), n'en est pas moins sévèrement et incontestablement conforme aux principes, puisque, l'Assemblée nationale étant ce que les Américains et les Anglais appellent Convention, c'est-à-dire un corps de citoyens commis pour proposer une constitution (1), ils n'ont évidemment pas besoin d'un autre titre que leurs mandats pour travailler à la constitution, et ne peuvent abandonner ce grand œuvre sans trahir la confiance du peuple qu'ils ont l'honneur de représenter. » En d'autres termes, si les circonstances nous avaient laissé le temps de réfléchir avec plus de maturité, nous ne nous serions pas présentés comme une

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