I. Bitl. de la Réo. fr., t I, p
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216 LA CHUTE DE l'aNCIEN RftGlHB
allait incessamment commander. Cependant, saisissant, comme je le faisais, Toccasion passagère de rapporter au vœu du roi des décisions si généralement souhaitées ; assurant, au milieu des inquiétudes renaissantes, la marche et l'action des États généraux; laissant à ces États la liberté de chercher dans une assemblée commune les idées et les mesures propres à donner une forme constitutionnelle au gouvernement; enfin, accompagnant ces importanles dispositions de toutes les vues générales de bien public exprimées dans la déclaration du roi, il serait résulté, je le crois, d'un tel ensemble un si grand mouvement d'amour et de confiance envers le prince et envers le gouvernement, que l'autorité royale, aidée alors de l'opinion publique, aurait pu diriger les États généraux ou les tenir du moins en respect. >
Necker a encore résumé l'esprit de son système en disant ' qu'il voulait < fortifier l'autorité suprême de toute l'autorité de l'opinion nationale >. Il voulait tenter d'opérer entre Louis XVI et le tiers état, c'est-àdire l'immense majorité de la nation, un premier rapprochement, qu'il espérait bientôt convertir en un véritable pacte d'alliance. Sans doute, il se faisait illusion sur les conditions nécessaires de ce pacte. Il ne comprenait pas, il n'a jamais compris que la France nouvelle ne consentirait jamais à désarmer, tant que la royauté s'obstinerait sottement à défendre les plus criants abus de l'ancien régime, et notamment ceux du régime féodal. Néanmoins son but n'est pas douteux. Ce qu'il cherche, c'est bien en vérité la conciliation et la paix sur le terrain des idées modernes. Ses intentions éclatent jusque dans la forme dont il avait résolu de les revêtir. Il se serait bien gardé de proposer à Louis XVI la tenue d'un de ces lits de justice < où le roi déployait