‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 65 sur 126 · flirt, de la lUv. fr., l. I, p. S · texte numérisé non relu

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LE SERMENT DU JBU DB PAUHE 217

sa puissance dans toute sa plénitude, et faisait publier et enregistrer sa volonté sans avoir fait recueillir tout haut les suffrages >, comme s'il ne comptait pour rien l'opinion de ses audileurs '. Il lui recommandait, au contraire, la tenue d'une de ces séances royales dans lesquelles nos anciens souverains s'efforçaient de tempérer leur autorité absolue par des allures paternelles, et semblaient laisser plus de latitude au voeu de leurs sujets. Pour les mêmes motifs il avait rédigé les deux déclarations en termes qui ne pouvaient tromper personne, il avait même pris la précaution de les faire précéder et suivre de discours conçus dans le même esprit et témoignant de sa part le ferme dessein de capter la bienveillance parla modération et l'affabilité. Jamais il ne s'est montré plus libérât. Jamais il ne s'est rapproché plus franchement des doctrines que Malouet lui avait préchées avec tant d'insistance, sans parvenir à le convaincre.

Lorsqu'il exposa ses projets à Louis XVI, il le trouva d'abord favorablement disposé à les accueillir. Ils flattaient la bonté naturelle de ce prince et son désir de plaire aux masses. Habitué d'ailleurs à suivre docilement les impulsions de son ministre, il n'osa pas lui témoigner brusquement le moindre symptôme de contradiction et d'hostilité. Necker revint de cette première conférence convaincu qu'il ne rencontrerait aucun obstacle de la part du souverain arbitre. Son illusion ne fut pas de longue durée. C'est le jeudi 18 que le roi

I. Vojez, Mfmoirt autographe de Barentin, p. IIS, la d[(Térei)ce qui distinguait les lila de Juslice dee Bdancei royales. Barentin ne dissimule [>aa qu'il préférai de beaucoup te systËme des lils de justice.

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318 LA CUOTB DE L'aNCIEN R6GIHB

ordonna au garde des sceaux de conroquer le conseil d'État pour le vendredi 19 à midi. Suivant M. de Barentin ', il le chargea en outre de prévenir quatre personnages qui n'avaient pas coutume d'y assister. C'étaient les quatre magistrats nommés par l'arrêt du conseil du 4 janvier 1789, à l'effet de composer la commission chargée de régler, sous la présidence de M. de Barentin, tout ce qui avait rapport à la convocation des États généraux*. Il est permis de douter qu'une pareille idée soit venue spontanément à l'esprit de Louis XVI, et il est certain qu'elle ne lui avait pas été suggérée par Necker. Si quelqu'un pouvait avoir intérêt à cette mesure exceptionnelle, ce ne pouvait être que M. de Barentin. Il connaissait les quatre magistrats, puisqu'il avait été déjà leur collaborateur. Il savait parfaitement que leurs idées se rapprochaient des siennes, et la suite prouva qu'il ne se trompait pas. Tout porte à croire que c'est lui qui, dès l'origine, trouva moyen d'introduire quatre voix à sa dévotion, dans un conseil où, suivant son habitude, il se proposait de contrecarrer énergiquement les vues de son collègue, avant même de les connattre en détail. Le conseil, réuni le vendredi 19, à Marly, fut presque uniquement occupé.par l'audition des explications verbales de Necker et par la lecture qu'il donna des deu.t déclarations et des discours qu'il avait préparés. Après un court échange d'observations, il fut convenu que ces diverses pièces seraient remises à l'un des magistrats, M. de la Galaisière, qui en ferait rapport à la séance suivante, indiquée pour le même lieu. Dès avant cette nouvelle réunion, M. de la Galaisière eut soin de a'entendre avec M. de Barentin ' et de lui signaler le point sur lequel il serait bon d'ouvrir les hostilités contre

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