Mémoire autographe, p. ISO
2. > Nous vîmes bientôt qu'il y avait un plao foriné pour déranger noB vues et pour attaquer le projet dressË par le ministère et approuvé par le roi. On avait tenu des confirencea secrètes; on avait agi auprès du roi, et déjA ion opinioa paraissait changée. Gelait principalement la réunion des ordres qu'on voulait empêcher.... ■ Neclier, Bât. de la M), fi:, t. 1, p. 255.
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LE SERMENT DU JEU DE PAUME ilî
L'écbec qu'il venait de subir n'était ni le dernier ni le plus grave auquel il était exposé.
Il ne tarda pas d'en subir un autre, qui lui fut presque aussi sensible. Un article de sa déclaration portait que désormais on parviendrait à tous les emplois civils et militaires ■ sans aucune distinction d'état >. C'était une des réformes qu'il considérait, à bon droit, comme les plus justes, les plus indispensables, et par conséquent les plus propres à séduire l'opinion publique. Maisc'était aussi, quoi qu'en disent certains auteurs de notre époque, une de celles qui répugnaient le plus au parti de l'ancien régime. Si quelques personnes en doutent encore sincèrement, elles n'ont qu'à se reporter aux débats du conseil tenu le 20 juin. ■ Il me souvient encore, dit Necker *, de la longueur d'une dispute sur l'admission de tous les citoyens indistinctement aux offices civils et militaires. Je voulais qu'à la séance royale le monarque se donnât le mérite de briser lui-même les entraves apportées par de simples arrêts du conseil â une disposition si raisonnable. < Il ne faut pas, me dit-on magis- « tralement, que le roi accorde encore cette faveur (c'était ■ le mot), cette faveur au tiers état. — Mais, dans quinze « jours, il y sera forcé par le mouvement public, et alors
< on regrettera den'avotr pas fait à temps, avec dignité, I ce qu'on fera, de prudence et de crainte, dans un autre
< moment. * On persista dans l'opinion que je combattais; elle fut adoptée, et tout ce quej'avais prédit arriva. » A ce récit sommaire Barentin ajoute quelques détails curieux, qui montrent de quels moyens se servit le parti de l'ancien régime pour enlever la solution à laquelle il tenait tant, et pour faire rejeter l'article proposé par Necker. « Le ministre de la guerre, dit-il ', M. de Puys^ur, s'éleva contre son insertion en la loi, parce que
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232 LA CHUTE DE L'aNCIEK RÉOIHB
l'armée, toute dans la main du roi, était étrangère aux États généraux : Sa Majesté ne devait donc point avoir l'air de s'appuyer de leur concours, ni même les consulter, pour anéantir, si elle le jugeait susceptible de révocation, le règlement du maréchal de Ségur eQ vertu duquel il fallait plusieurs degrés de noblesse pour entrer au service. * Barentin prétend qu'il ne professait pas le même respect que son collègue pour le malencontreux règlement de 1781. Néanmoins il s'empressa de se ranger à l'avis de M. de Puységur, sous prétexte que la matière n'était < nullement du ressort des États généraux et dépendait uniquement de la volonté souveraine. Le roi lui-même, en entendant cet article, avait avec fermeté blàmé M. Necker d'avoir parlé de l'armée, dont il était le seul maître, et dont il pouvait disposer à sod gré ' 1. Le parti de l'ancien régime avait su toucber la corde sensible , et il ne manqua pas d'appuyer. Non seulement il en profita pour faire suppi:imer tout l'article préparé par Necker, ce qui équivalait à maintenir une inégalité révoltante, mais il eut soin de flatter la manie du pauvre Louis XVI et d'ajouter dans la déclaration du 23 juin un article spécial sur l'armée, que nous y retrouverons bientôt.
Un autre sujet déchaîna contre Necker de véritables tempêtes. D'autant plus désireux de ménager en la forme les susceptibilités du tiers état, qu'au fond il considérait comme plus diHicile de le faire renoncer à la réunion complète et absolue des ordres, il s'était contenté de mentionner par prétérition la proclamati<»i de l'Assemblée nationale. < Sans s'arrêter, disait-il dans son projet de rédaction, à. la délibération du il juin. » On conçoit que la formule paraissait trop bénigne et près que scandaleuse au parti de l'ancien régime. D'après les