‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 68 sur 126 · îiimoiit autographe, p. I81-1S · texte numérisé non relu

îiimoiit autographe, p. I81-1S

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meneurs de ce parti, il fallait sans hésitation ni scrupule annuler un acte téméraire, rappeler sévèrement au tiers état la limite de ses droits, et lui apprendre à respecter les prérogatives de la couronne. En vain Necker invoquait la raison politique qui expliquait son indulgence. On lui opposait la dignité du trône. On lui reprochait de sacrifier l'honneur de la royauté à ses prédilections pour un ordre coupable. ■ Le roi, calme pendant tout le cours de cette discussion, dit M. de EiareQtin\ n'en perdit pas un seul mot. > Je ne serais pas surpris, en effet, que les imprécations d'une partie de son conseil n'eussent produit plus d'impression sur son esprit que les excuses embarrassées de son ministre des finances.

Cependant l'issue' restait encore douteuse, si l'on en juge par un dernier incident, que Necker raconte en ces termes * : « Déjà les portefeuilles se refermaient, lorsqu'on vit entrer inopinément un officier de service : il s'approcha du fauteuil du roi, lui parla bas, et sur-lechamp Sa Majesté se leva, en ordonnant à ses ministres de rester en place el d'attendre son retour. Ce message, au moment où le conseil était près de sa fin, dut nous surprendre tous.M. de Montmorin, assis près de moi, me dit sur-le-champ : • Il n'y a rien de fait; la reine seule « a pu se permettre d'interrompre le conseil d'État; les I princes apparemment l'ont circonvenue, et l'on veut ( par sa médiation éloigner la décision du roi. * Cette présomption de M. de Montmorin n'était que trop naturelle.... Le roi rentra dans le cabinet du conseil après une absence d'une demi-heure, et, prorogeant la délibération dont on venait de s'occuper jusques à un der-

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