Mémoire autographe, p
!. Bât. de la iUv. ^-, t. I, p. !33. U. de Barentiu se borne k conlester, suiiBot son habitude, quelques détails iogigniHuite. Au Tond il ne tait que confirmer, dans ses traits essentiels, le récit de Necker : Mémoire autographe, p. 2ie et suiv.
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224 LA CHUTE DE L'aNCIBN RÉGIME
nier conseil d'État, il suspendit sa décision, ses ordres ; et tout fut arrêté. On lui parla cependant des inconvénients qui naîtraient infailliblement de ce retard. Le roi persista dans sa détermination. > Le premier résultat qu'elle produisit fut de forcer le gouvernement à proroger aussi la séance royale, d'abord fixée au lundi 22. Elle fut remise au mardi 23, ce qui donna à l'Assemblée nationale un jour de plus pour se préparer à recevoir le coup dont elle était menacée.
Le nouveau conseil, indigné à la suite de l'incident que nous venons de rapporter, se tint le dimanche 21, à Versailles, où la cour s'était réinstallée. Afin d'augmenter ses chances de succès, le parti de l'ancien régime avait eu soin de se procurer des recrues importantes. Un conseiller d'État, Lambert, qui n'avait pas été convoqué à Marly, vint renforcer le groupe des quatre magistrats, auxquels il s'associa. De plus, Louis XVI entra dans la salle de la réunion suivi de ses deux frères, et annonça qu'ils allaient prendre séance. On connaissait d'avance l'opinion du comte d'Artois ; c'était le meneur avéré de toutes les intrigues ourdies depuis quelques jours contre Necker. Monsieur lui-même, malgré sa modération accoutumée, témoigna peu de sympathie pour le projet soumis à la discussion. Pour le coup, la majorité se dessina de manière à ne laisser aucun doute. Trois ministres seulement persistèrent jusqu'à la fm à défendre les idées du directeur général, son ami fidèle M. de Montmorin, et avec lui MM. de La Luzerne et de Saint-Priest. Tout le surplus du conseil se prononça hautement contre lui.
Laissons maintenant à M. de Barentin le soin de résumer une décision dont il a droit de s'attribuer le principal mérite. Il peut en revendiquer l'honneur devant l'histoire, car nul n'y a plus contribué, et nui, par conséquent, n'est plus à même d'en parler en parfaite
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LE SERMENT DU JEU DE PAUUE iiS
connaissance de cause. « Le résultat du conseil, dit-il ', sur la première déclaration, concernant la présente déclaration, fut : De maintenir, comme liée à la constitution du royaume, l'ancienne distinction des ordres ; — d'opiner par ordre, avec faculté, du consentement du roi, de délibérer en commun, mais en certains cas seulement;
— d'annuler les délibérations de l'ordre du tiers état du 17 juin et celles qui auraient pu s'ensuivre comme illégales et inconstitutionnelles; — Sa Majesté exhortait les trois ordres, pendant cette tenue seulement, à se réunir pour voter en commun sur les affaires d'une utilité générale; — les droits antiques des trois ordres, la forme de constitution à donner aux États généraux ultérieurs, et les droits utiles et honorifiques des deux premiers ordres étaient formellement exclus de la délibération commune ;
— enfln le roi défendait qu'aucun étranger fût admis et assistât aux séances, soit à celles par ordre, soit à celles en commun ; — l'article relatif aux emplois civils et militaires fut retranché; — la seconde déclaration, intitulée des intenlionsdu roi, ne contenait que l'énumération de ses vues bienfaisantes en faveur de ses peuples; aussi ne présentait-elle à faire que quelques changements peu essentiels. Le seul remarquable frappait sur la renonciationdes privilèges pécuniaires delanoblesse et du clergé. M. Necker l'ordonnait, et privait ainsi les deux premiers ordres du mérite d'en avoir exprimé l'intention irrévocable, qu'il ne s'agissait plus que de réaliser par des délibérations régulières. Il parut juste à Sa Majesté d'allier la rédaction avec les faits. Avant de lever le conseil, le roi me chargea de procéder à la nouvelle rédaction avec les conseillers d'État, et indiqua, pour l'examiner, un conseil le lendemain à cinq heures. Il iixa ensuite déliaitivement la séance royale au surlendemain 23 juin;
i . Mémoire autographe, p. 198.
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enfin, il fut convenu que Sa Majesté y parlerait seule: les différents discours rédigés dans le principe par le ministre des finances parurent en général susceptibles d'être adoptés. »
Dans ces conditions, peu importent les emprunts que les nouveaux auteurs, pressés par le temps, ont pu faire au projet de Necker. Ils lui ont pris son cadre, avec ses deux déclarations successives, l'une relative à la tenue actuelle des États généraux, l'autre énumérant les intentions du roi. Dans la seconde ils ont laissé subsister quelques-unes des réformes destinées par lui à calmer l'irritation publique. Ils ont même reproduit la plus grande partie des discours qu'il avait préparés, sans se soucier de savoir si les fragments ainsi conservés ne risquaient pas de produire une étrange disparate avec la nouvelle œuvre à laquelle ils venaient de les accoler. Cette œuvre n'en difi'ére pas moins du projet primitif par des caractères tellement tranchés, tellement essentiels, qu'aucune confusion n'est possible. Du reste, c'est bien là ce qu'ils ont voulu, et, loin de s'en cacher, ils s'en vantent hardiment. « Je n'ai jamais prétendu, dit Barentin ', ni aucun de ceux qui ont coopéré avec moi aux changements faits à la minute du ministre des finances, qu'ils ne consistassent que dans des mots ou des déplacements de phrases. Nous convenons hautement de différences très essentielles entre cette minute et les dispositions mêmes daos les deux déclarations portées à la séance royale. Nous n'avons point à nous en défendre, elles rétablissent les principes, et il tes avait altérés. » Aussi Barentin et ses collaborateurs partaient d'autres principes que ceux de Necker : ils procédaient d'un esprit tout opposé. Nous avons vu que Necker cherchait à établir un rapprochement entre