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LE SERHENT DU JEU DE PAtJHE 247
profitèrent pour s'entendre avec le clergé et régler avec lui le programme de la réunion publique à laquelle le parti populaire attachait une grande importance.
C'est dans l'église de Saint-Louis qu'elle eut lieu '. La salle du Jeu de Paume n'avait pas semblé convenir à une si grave solennité. On avait songé d'abord à choisir l'église des Récollets; mais ces religieux s'étaient montrés peu désireux de se compromettre par leur consentement. Alors on s'adressa au curé Jacob, qui, bien qu'attaché à la cour, ne crut pas devoir répondre par un refus. Toutes les dispositions furent immédiatement prises pour que la cérémonie s'accomplit avec la pompe dont elle était susceptible. L'Assemblée s'installa comme elle put dans la nef de l'église, sous les yeux d'innombrables spectateurs. Les membres du clergé se réunirent dans le chœur, et, après s'être fait annoncer, entrèrent en masse compacte, au milieu d'applaudissements unanimes. On remarquait parmi eux deux archevêques, ceux de Vienne et de .Bordeaux, trois évoques, ceux de Chartres ', de Rodez et de Coutances, deux [grands vicaires, six chanoines, parmi lesquels M. de Villeneuve- Rargemont, comte chanoine de Marseille, un abbé, M. de Goulmier, abbé d'Abbecourt, qui s'était signalé par son ardeur et par son talent dans le cours des décisions préliminaires. A côté de ces dignitaires de l'Église de France se pressait l'humble cohorte des simples curés, non moins choyés, non moins applaudis, car ils avaient leur large part dans la victoire commune. Quelques-uns même s'étaient déjà conquis un certain renom par le rôle qu'ils avaient joué dans la lutte. « Rien n'était plus important que cette réunion, dit Railly '. Les com-
1. Voyez Uémoires àe BalUy, t. I, p. )98 et si 3. M. de Lubereac, tvec lequel nous avons le second volume.