I. Le coroU Miol de Mellito, Mémoiret, t. I, p. 10 et
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Le roi ne laissait apercevoir aucune marque d'émotion ou d'intérêt. Il s'avançait comme de coutume, sans dignité, et semblait s'acquitter simplement d'un devoir d'étiquette. Monsieur, grave et pensif, marchant péniblement, semblait pénétré de l'importance de cette journée. Le comte d'Artois, jetant à droite et à gauche des regards dédaigneux sur la foule qui bordait les rues, donnait des signes évidents de son ennui et de sa mauvaise humeur. La reine, le front soucieux, les lèvres serrées, faisait de vains efforts pour dissimuler son trouble et donner à sa noble et majestueuse figure un air de satisfaction, que les mouvements de son cœur, oppressé d'inquiétude et d'amères pensées, faisaient promptement disparaître. >
Un instant même, la malheureuse princesse, dominée par une émotion irrésistible, faillit perdre contenance. En la voyant passer, quelques femmes du peuple lui jetèrent aux oreilles le cri de : Vive le duc d'Orléans '. Leur accent était si injurieux, si agressif, qu'elle fut sur le point de se trouver mal, et que les personnes placées auprès .d'elle, tout en s'empressant de la soutenir, craignirent d'être obligées d'interrompre la marche du défilé. Ce fut en quelque sorte la première station de son calvaire. Moins exposées qu'elle aux regards et aux injures de la foule, d'autres dames de la cour, surprises de tant de bruit, effrayées d'une liberté d'allures poussée jusqu'à la licence, en conçurent une inquiétude qu'elles ne cherchaient pas à dissimuler. ■ J'étais, dit Mme de Staël ', placée à une fenêtre près de Mme de Montraorin, femme du ministre des Affaires étrangères, et je me livrais, je l'avoue, à la plus vive espérance, en voyant pour la première fois, en France, des représentants de la nation. Mme de Montmorin,