‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 81 sur 126 · Hùl. de la Riv. /r., l. I, p · texte numérisé non relu

Hùl. de la Riv. /r., l. I, p

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368 LA CUUTE DE L'aNCIBN RÉGIME

indispensables, et il s'en excuse en ces termes : « Le mouvement de Versailles *, loin de me servir, m'empêcha d'obtenir le renvoi des ministres qui m'avaient déjoué si cruellement pendant le cours des discussions relatives à la séance royale. Ce fut dans un moment où je pouvais tout exiger du roi que je me trouvai sans force pour rien demander. Un mouvement de générosité, que l'on blâmera peut-être, mais que l'on entendra cependant, me dicta cette conduite. Je ne tardai pas à m'en repentir, et j'appris alors de nouveau qu'il est tel sentiment de vertu dans un particulier, dont l'application à l'homme d'État, à l'homme public, devient une faute, et une grande faute. »

Peut-être ici Necker fut-il encore plus coupable qu'il ne l'avoue, car voici ce que rapporte M. de Bareatin : « J'ai peine à concevoir les regrets de M. Necker sur sa modération, sur le dénûment de forces dont il se sentit atteint lorsque, pouvant tout, il resta muet. Cette faute majeure, dont il s'accuse comme homme public, il ne la commit point : soit comme homme d'État, soit comme particulier, il ne dédaigna pas autant qu'il put d'écouter le désir de se venger et d'essayer de te satisfaire. Il dit au roi que, < Sa Majesté le ( souhaitant, il ne persistait plus à donner sa démission >, mais il ajouta « que, sans cesse gêné, contredit par « deux ministres, celui en rapport direct avec les États « généraux, et celui ayant le département de Paris, il en I résultait l'impossibilité de procurer à l'Assemblée une « impulsion capable de la bien diriger *. Il supplia en conséquence Sa Majesté de ne point balancer à sacrifier ces deux membres de son conseil au bonheur de ses sujets, à son repos personnel et à sa gloire. Le roi lui répondit < que nos services lui étaient agréables, que

{. Hisl. de la Rév. fr., p. 213,

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• nous ne cessions de lui donner des preuves de fidélité

■ et d'attactiement, et que nous avions acquis de justes

■ titres à la continuation de sa conSance ». Ces termes, proférésavec fermeté, fermèrent la bouche du ministre : il appréhenda de se compromettre en insistant davantage et en subordonnant la reprise de sa démission à la disgrâce de M. de Villedeuil et à la mienne.... Il fit le lendemain une tentative du même genre auprès de la reine, en la pressant d'en parler au roi. Loin de s'y prêter, elle ne lui cacha pas sa surprise qu'il osât solliciter le renvoi de deux ministres que le roi estimait pour leur conduite et leur dévouement à sa personne. Ce fut alors qu^ M. Necker repartit avec vivacité : « Madame, si je l'avais exigé hier, le roi n'au- « rait pas pu me le refuser ». A ce propos la reine, indignée de l'audace du ministre, le congédia. > Pour peu que ce récit soit exact, la conduite de Necker devient inexcusable. Après de pareilles scènes il ne pouvait conserver aucun doute. La cour ne l'avait conservé que pour dissiper une émeute contre laquelle elle ne se sentait pas encore suffisamment armée. Mais elle n'entendait nullement changer de politique. A ses yeux les vrais ministres, les ministres préférés, c'étaient toujours les Barentin et les Villedeuil. Non seulement elle n'entendait pas s'en défaire : loin de là, elle n'attendait qu'une occasion favorable pour les débarrasser de Necker lui-même, qu'ils considéraient tous comme un intrus et comme le principal auteur de l'échec qu'ils venaient de subir.

Les choses en arrivèrent bientôt au point que Necker ne put s'empêcher de sentir et de reconnaître tout ce que sa position ainsi réglée avait de faux et de vraiment insoutenable. « Peu de jours après le 23 juin, dit-il ',

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