‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 83 sur 126 · Mémoires, t. i. p. SÎ · texte numérisé non relu

Mémoires, t. i. p. SÎ

D,g,t7„lb,.GOOgIC

seulement des mesures, en apparence rigoureuses, furent prises pour empêcher le public de pénétrer, comme d'habitude, dans l'enceinte réservée aux délibérations des communes, mais les portes intérieures qui mettaient leur salle en communication facile avec les chambres affectées aux ■ deux autres ordres étaient garnies de sentinelles qui en interdisaient l'accès à tous les députés, quels qu'ils fussent, comme si l'on avait eu l'arrière-pensée d'entraver la réunion des membres du clergé avec le tiers état. Hàtons-nous d'observer que tant de bruit et d'éclat aboutit à peu de chose : un officier des gardes de la prévôté de l'hôtel, préposé à la garde des portes intérieures, vint lui-même avertir Bailiy que parmi ces portes il y en avait une qui, par inadvertance, n'avait pas été comprise dans sa consigne, ce qui permit à la majorité déjà réunie du clergé d'aller délibérer librement avec les communes. Les autres consignes ne furent guère mieux observées, et beaucoup d'autres officiera les appliquèrent avec une indulgence dont l'effet ne tarda pas à se faire sentir. « Malgré l'ordre que le roi avait donné, dit Bailiy ', malgré les consignes, nos députés, nos gardes eux-mêmes faisaient entrer, et, quoique l'entrée de notre salle fût interdite, il y avait toujours plus de six cents spectateurs. » Bientôt on y vit accourir des députations parfaitement irrégulières. Elles furent accueillies sans difficulté, el reçues sans le moindre obstacle. Le plus grand effet que produisirent les mesures prises par le parti de l'ancien régime fut de prouver qu'il ne craignait pas de provoquer le mécontentement de l'Assemblée et, malgré le maintien de Necker, de poursuivre l'exécution des actes du 23.

De son côté, l'Assemblée nationale pensait que le

Page 1