‹ La chute de l'ancien régimeChapitre 92 sur 126 · Métnoire auto^aphe, p · texte numérisé non relu

Métnoire auto^aphe, p

2. Voyez le récit de cette scène reproduit par H. Droz (t. Il, p. 19S- 196], d'après une note que le duc de Luxembourg, dit-il, rédigea en quittant Louis XVI pour sanTegarder sa propre responsabilité. Je De loia oii H. Droz a trouTé ce curieux document.

D,g,t7„lb,.GOOgIC

286 LA. CBUTB DE L'aNCIEN RËGIHE

voix ferme, mes réflexions sont faites; je suis détermitté à tous les sacrifices; je ne veux pas qu'il périsse un seul liomme pour ma querelle. Dites donc à l'ordre de la noblesse que je le prie de se réunir aux deux autres. Si ce n'est pas assez, je le lui ordonne, comme son roi : je le veux. »

Dès qu'il eut connaissance des intentions de Louis XVI, le clergé s'empressa de s'y soumettre. Cependant il subordonna sa conduite à celle de la noblesse, < dont il ne voulait jamais se séparer^ ». Il déclara qu'il se réunirait aux communes, pourvu que la noblesse consentit à le suivre. Mais cet ordre était moins scrupuleux observateur des volontés royales et plus habitué à les braver ostensiblement. II manifesta d'abord une vive opposition, à la tète de laquelle se signalèrent les Cazalès, les d'Éprémesnil et autres. La lutte devint si vive que le duc de Luxembourg crut devoir avertir secrètement le roi, qui ne se contenta pas d'écrire une seconde lettre, plus irapérative que la première, mais qui réclama l'intervention de son frère le comte d'Artois, dont il connaissait l'influence toute-puissante sur le parti de l'ancien régime. Ce jeune prince n'osa pas refuser. 11 écrivit un billet pressant, dans lequel il alla jusqu'à dire qu'une pluslonguerésistance «compromettraitlesjoursdu roi». Cette phrase produisit une sensation profonde. Cazalès, cependant, Cazalès inébranlable, dit que la garantie du gouvernement monarchique était dans la séparation des ordres et qu'on devait servir les intérêts de la monarchie, même avant ceux du monarque. * Messieurs, s'écria le duc de Luxembourg, il ne s'agit plus de délibérer, il s'agit de sauver le roi et la patrie. La personne du roi est en danger : qui de nous hésiterait un instant? » Tous se levèrent en tumulte; il ne fut plus question que de

Page 1