Mémoires, t. I, p. 1G
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un vote moins absolu, qui, tout en produisant le même résultat, tenait plus de compte des scrupules de chacun de ses membres.
Après la question des mandats impératifs, elle se préoccupa de celle des subsistances. De là de nouveaux débats, sans' parler des adresses qu'elle commençait à recevoir de tous les coins de la France et auxquelles elle s'empressait de répondre, sans mentionner non plus les députations qui se pressaient à sa barre, ni maints autres sujets de discussion qui jamais ne lassaient son incroyable activité '. Mounier finit par lui faire comprendre qu'une question encore plus haute et plus urgente s'imposait à son examen. Par la déclaration du 23 le gouvernement semblait s'être proposé de régler à sa guise la constitution de la France. Il était temps de lui signifier que ce droit n'appartenait qu'à l'Assemblée nationale et qu'elle n'entendait pas le laisser périmer entre ses mains. ■ Je ne cessais, dit à ce propos Mounier *, de réclamer l'attention de l'Assemblée sur la constitution. On résolut enSn, dans la séance du 6 juillet, d'indiquer un ordre de travail et de choisir pour le préparer un commissaire dans chaque bureau : je fus nommé dans le mien. > Ainsi fut décidée et choisie, au milieu de préoccupations de tout genre, et non sans un peu de hâte, la première commission chaînée d'élaborer cette constitution à jamais célèbre qui devint la Constitution de 1791. Il est curieux de parcourir la liste des trente membres qui la composent. Elle contient bien des noms connus, quelques-uns illustres, beaucoup aussi d'obscurs et qui sont tombés dans l'oubli. Sieyès, Mirabeau, Malouet n'en font pas partie. On y remarque
1. CitoDB, par exemple, ladiscnssion relalWeila dèputation de Saint- Oomingoe, au coure de laquelle Garât le jeune prononça, sur le BnlTnge universel, un discours fort remarquable et fort remarqué, qui provoqua de la part de Mirabeau une réponse non moins iatéressanle (4 juillet).