Expose de ma conduite, p
aussi l'abaeQce de Tronchet, de Tar^t et d'autres jurisconsultes émiDents', que leurs lumières semblaient y appeler. Six membres de la noblesse seulement y figurent : Fréteau de Saint-Juat, de Virieu, Clermont-Tonnerre, Lally-Tolleadal , d'André, Alexandre Lameth. Pas UD membre du clergé! Le lendemain, quand cette liste fut soumise à l'Assemblée, une voix s'éleva pour signaler la regrettable lacune qu'on y remarquait. Aussitôt , dit le procès-verbal , « un cri général parti des communes a déclaré que l'observation était juste, et qu'il fallait nommer à l'instant six commissaires dans l'ordre du clergé pour les joindre aux trente premiers » . Mais le clergé refusa cet bonneur, sous prétexte de son incompétence en matière de droit constitutionnel. L'incident se borna donc à une réparation de forme, et la commission resta composée telle qu'elle était sortie du choix primitif des bureaux.
Voilà pourtant l'Assemblée qu'on représente comme épuisée par l'énergie dont elle avait fait preuve, on veut bien le reconnaître, pendant les journées mémorables des 17, 20 et 23 juin. Les auteurs de l'Histoire parlementaire se montrent encore plus, rigoureux envers elle. A compter du 23 ils cessent de publier le compte rendu de ses séances, et ne daignent en recommencer la série que le 8 juillet, en donnant l'adresse de Mirabeau sur le renvoi des troupes. Pendant cet intervalle ils ne s'occupent que des ■ faits extraparlemeutaires », qu'ils présentent comme seuls dignes de fixer les regards de l'histoire. Suivant eux, la < pensée impulsive > ne vient plus que « d'en bas, de la bourgeoisie, du peuple * ». Passe encore. Il y a des écrivains qui tiennent à laisser tout l'honneur des révolutions aux d
1. Trellhard esl plus heureux : il fut nommé par le vingt' a. Prâfttc« du lotne II, p. : «t ii.
â94 LA CHUTE DE l'aNCIBN RÊGIUB
aux forces aveugles, à l'énergie matérielle et brutale. Ici les auteurs de VHtstoire parlementaire vont plus loin. Pour glorifier leurs héros de prédilection, ils ne craignent pas de ravaler l'Assemblée. A les en croire, elle céderait « à d'autres sentiments que ceux de la prudence ' « . Elle ne sait même plus reconnaître qu'elle peut « sans danger être hardie avec la cour ». Ne sentelle pas que Paris est là pour la protéger? L'attitude des provinces ne suffirait-elle pas, au besoin, pour lui assurer une sécurité entière? Néanmoins elle s'engourdit, elle s'endorl. " Du 24 juin au 14 juillet l'Assemblée nationale, disent-ils, semble avoir perdu l'initiative révolutionnaire : elle semble attendre '. »
Oui, certes, elle attend; que voulez-vous qu'elle fit de mieux? Si vous savez des mesures qu'elle pouvail prendre et qu'elle n'a pas prises, indiquez-les. Appreneznous ce que vous eussiez fait à sa place. Elle attend, dites-vous, mais, en attendant, elle s'organise, elle se prépare à la lutte. Dès que les circonstances lui en fourniront l'occasion, soyez sûrs qu'elle ne manquera pas de la saisir, et ce jour n'est pas loin. Pour !e trouver, elle n'ira pas jusqu'au 14 juillet, après le combat, après la victoire. Bien avant, le 8 juillet, c'est elle qui va sonner le tocsin d'alarme; c'est elle qui va prendre la seule initiative qui convienne à son caractère, qui rentre dans son rôle. Voyons à la suite de quels incidents. Jetons à notre tour un coup d'ceil sur ces • faits extraparlementaires », dont il ne faut pas exagérer la portée, mais qu'il ne faut pas négliger non plus, encore moins passer sous silence, pour peu qu'on tienne à se faire de l'ensemble des choses une idée juste et complète.
e peut g'empècher de sourire ea entendant M. Buchei gour-
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