‹ La chute de l'empire de RabahChapitre 16 sur 101 · EB\AGO · texte numérisé non relu

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CHEFS DES UNGOURRAS.

piquets. Je parvins néanmoins à le décider à nous accompagner dès le lendemain, en lui disant de confier ce soin à un ami qui le préviendrait. Il finit par consentir, et nous partîmes ; le sentier large et bien frayé serpentait le long dune série de petites collines traversant de jolis bouquets de bois ombreux et des ruisseaux aux eaux claires, la Bazinda, la Moumounie, la M'Bingui, la N'Gougpé, larges de quelques mètres et peu profonds. Nous campons sur les bords de la N'Gougpé. Partout nous avons vu des traces de villages détruits, mais aucune habitation. Nous questionnons Ernago sur l'itinéraire de Maistre. Il nous dit qu'il a passé un peu plus à l'Ouest, sans pouvoir nous renseigner.

Le lendemain matin de bonne heure, après deux heures de marche, nous arrivons enfin à un très, grand village, chez un chef nommé M'Boué. Nous sommes chez les Ungourras. Ernago a l'air d'être en pays de connaissance ; du reste, la langue des

Ungourras est la même que celle des N'dis. Nous sommes admirablement reçus. Aussi, coDçois-je les plus agréables espérances au sujet de la poursuite de ma reconnaissance en avant, et je m'endors la joie au cœur. Le réveil fut plutôt désagréable. M'étant informé à quelle distance se trouvait la Nana, rivière indiquée par Maistre comme un des sous-affluents du Chari, on me répondit qu'il y avait peut-être une rivière de ce nom chez les Mandjias, mais que personne n'en connaissait la route, car les Mandjias étant en guerre avec les Ungourras, il ne fallait pas songer à trouver un guide. D'ailleurs les Mandjias étaient des gens belliqueux et ne nous laisseraient pas passer. Je connaissais l'antienne et n'insistai pas. En pareil cas, il vaut mieux ne pas discuter. Je me contentai de dire que je ne craignais pas plus les Mandjias que n'importe quelle autre tribu indigène et que je me réservais plus tard d'aller chez eux moi-même. Patience est vertu d'Africain. Il ne m'aurait servi de rien de brusquer les choses. C'était un retard de trois mois au minimum qui s'offrait à nous. Va pour trois mois. Pourvu que la santé se maintienne, c'est l'essentiel. Je me fis le raisonnement très simple que, désirant recruter des porteurs parmi les indigènes, il fallait éviter de les molester et de leur inspirer de la crainte. Je réfléchissais que le premier contact de la mission Maistre avec les Mandjias avait été suivi d'une effusion de sang ; y aller seul ou avec leurs ennemis sans avoir préparé le terrain, c'était s'exposer de nouveau à combattre, ce qui n'aurait pas procuré de porteurs. Aussi mon parti fut vite pris. Je déclarai aux chefs Ungourras que j'allais m'installer chez eux et que s'ils désiraient commercer avec nous, ils devraient d'abord nous construire des abris pour recevoir nos marchandises dans un endroit que je choisirais, ensuite nous fournir des porteurs pour évacuer Krebedjé. Cette solution enchanta fort les Ungourras, qui allaient, eux aussi, pouvoir se procurer nos marchandises, soit en nous vendant des vivres, soit en portant pour nous.

L'emplacement du nouveau camp fut choisi sur un plateau

LES UNGOURRAS

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