‹ La chute de l'empire de RabahChapitre 22 sur 101 · NOTRE VAPEUR LE « LEON-BLOT · texte numérisé non relu

NOTRE VAPEUR LE « LEON-BLOT

travailler d'arrache-pied au bateau. Quatre équipes dériveurs, qui avaient fini par se tirer de leur tâche à mon entière satisfaction, s'y employèrent à qui mieux mieux.

Pendant que ce travail s'effectuait, M. Joulia, envoyé à Ouadda, m'annonçait son retour fin janvier avec M. de Mostuejouls enfin arrivé et un interprète arabe, Ahmed ben Medjkane, l'ancien compagnon de Mizon. On me donnait de plus l'espoir qu'un détachement important de Sénégalais avec deux agents européens ne tarderait pas à nous rejoindre. Toutes ces bonnes nouvelles nous donnèrent une nouvelle ardeur, et la besogne avança si bien que le 25 janvier la coque était terminée et le bateau était mis à l'eau. Quelle fête pour nous tous ! . . .

Il est temps que je donne maintenant quelques détails sur ce navire qui devait nous conduire au Tchad.

Léon Blot était le nom du malheureux ami qui m'avait affirmé qu'il irait au Tchad et que la mort atteignit pendant qu'il essayait avec M. de Brazza de mettre son projet à exécution. Je ne voulais pas qu'il eut un démenti et, puisqu'il n'avait pas pu de sa personne réaliser son rêve, du moins un bateau portant son

L'EMPIRE DE RABAI1.

nom naviguerait sur le lac mystérieux C'est ainsi que fut

baptisé le Léon-Blot.

Construit par les Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint- Denis, il était Jong de 18 mètres et large au fort de 4. Son creux était de 1 mètre. Son tirant d'eau de 0m,40 lège. Chaque poids de 600 kilos embarqué le faisait caler 1 centimètre de plus. Il était mû par une machine de 60 chevaux actionnant une hélice sous voûte ; la vapeur était fournie par une chaudière du Temple. Le navire, une fois rivé, pouvait se séparer en sept parties qu'on n'avait qu'à réunir avec des boulons traversant les couples de jonction. Une bande de caoutchouc trouée pour laisser passer les boulons était interposée entre chaque tranche et assurait l'étanchéité de la coque.

Dans cette petite rivière, le navire paraissait immense. Je me décidai à en faire trois radeaux séparés. Je fus obligé pour cela de boulonner deux cloisons en acier à deux de ces radeaux pour leur permettre de naviguer. Ce dernier travail ne prit pas grand temps, et, le 29 janvier, Huntzbùchler opérait sa descente de la Nana dans les trois radeaux.

Le 1er février, arrivait M. de Mostuejouls avec une des deux baleinières que m'annonçait M. de Brazza ; la seconde ne nous parvint jamais. J'éprouvai un réel plaisir à revoir ce serviteur si modeste et si dévoué, dont le concours m'avait été si précieux dans le passé et qui le fut bien plus encore dans la suite. Lui et Ahmed, c'étaient deux précieuses recrues.

Nous mettons en ordre tout le matériel et, ayant reçu avis de Huntzbùchler qu'il avait heureusement atteint les chutes avec le Léon-Blot, qu'il avait commencé l'édification d'un camp en aval, vers lequel il faisait transporter les tranches détachées du vapeur, nous nous mettons en route, de Mostuejouls et moi, pour le rejoindre. Le 20 février, nous étions au nouveau camp que l'on baptisa Nana B.

Il fallut refaire de nouveaux chantiers, construire d'autres abris, remettre la coque sur cale, procéder au montage de la

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