‹ La chute de la royauté 10 août 1792Chapitre 21 sur 35 · I. Mémoires de Weber, U II, p · texte numérisé non relu

I. Mémoires de Weber, U II, p

La princesse de Tareiite, la jeune Pauline de Tourzel, M'"*'' de Soucy, de Genestou, de Saint-Brice, Thibaut, Terrasse, Lemoine, Basire et autres dames du service de la reine , des enfants de France, de M"** Élisabetli et de M'"^ de Lainballe, n'avaient pas pu accompagner la famille royale à l'Assemblée et, après son départ, étaient descendues dans l'appartement de la reine, au rez-de-cbaussée. Âu bruit de la fusillade, elles avaient fermé les volets; mais Tobscurité dans laquelle elles se trouvent pourrait augmenter leur danger; elles imaginent d'allumer les bougies du lustre et des candélabres; à peine ont-elles terminé ces préparatifs d'une défense bien innocente, que les envahisseurs arrivent et enfoncent la porte. La transition subite de la clarté du jour à celte ciai'té factice les surprend, ces mille lumières, que reflètent encore les glaces du salon, les éblouissent ; ils reculent étonnés. Les plus courageuses de ces dames en profitent pour parler aux premiers envahisseurs. Us sont pris de pitié et promettent de les conduire saines et sauves hors du palais. Ils tinrent parole ^

M*"*" Gampan se trouvait dans un entre-sol avec deux fenimes de chambre et l'un des heiduques de la reine. Un groupe d'hommes armés se précipitent sur celui-ci, l'assassinent; ils veulent tuer aussi les

4 . Nous avons suivi le récit même de M"* Pauline de Tourzel {Smwemrs de quaratUe ans, p. 137).

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femmes, mais celles-ci se jettent à leurs pieds;

M"* Campan est saisie par le dos. Soudain, du bas de Tescalier, retentit la yoix d'un Marseillais : « Que faites-vous là-haut?

— Hein? répond l'assassin, qui a déjà levé son sabre...

— On ne tue pas les femmes!

— Eh bien, lève-toi, coquine, la nation te fait grâce ^ I »

Ce cri d'humanité : On ne tue pas les feinmesl fut encore quelque peu écouté, dans les journées de septembre, par les assassins, qui épargnèrent presque toutes les femmes; il ne fut plus entendu, en 1793, par le tribunal révolutionnaire , qui les envoya par charretées à la guillotine. Cet appel à ce qu'il devrait y avoir de plus sacré dans le monde marque, par raffaiblissement des échos qu'il rencontra, les trois phases du règne de la Terreur.

Certes, si les envahisseurs eussent mis la mûn sur ceux que les Jacobins désignaient depuis longtemps aux vengeances populaires sous le nom de chevaliers du poignardy ils les eussent égorgés jusqu'au dernier, comme ils le firent pour tous les hommes armés ou non, blessés ou non, qu'ils trouvèrent dans l'intérieur du Château.

Mais, des deux cents gentilshommes qui avaient passé la nuit aux Tuileries, la plupart, comme nous

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