‹ La chute de la royauté 10 août 1792Chapitre 22 sur 35 · Mémoires de M'"'' Campan, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de M'"'' Campan, t. II, p

Tavons vu plus haut, avaient réussi soit à rejoindre

le roi aux Feuillants, soit à s'esquiver par le jardin, selon le conseil que Bœderer leur en avait donné.

Cependant quelques-uns d'entre eux et une cinquantaine de gardes nationaux avaient pris part au combat. Lorsque les Suisses avaient entendu le tambour les rappeler et qu'ils étaient descendus à l'entrée du jardin pour se former en colonnes, ces combattants ne les avaient pas suivis, et cela par une raison bien simple : c'est qu'une troupe disciplinée, qui doit ret4iumer paisiblement dans sa caserne, ne peut recevoir personne dans ses rangs. Us avaient donc dû songer à faire retraite d'un autre côté et s'étaient dirigés, de plain-pied, par les grands appartements, vers la galerie du Louvre ; ils y rallièrent quelques soldats, chargés de garder une coupure pratiquée dans le plancher de la galerie, pour empêcher les assaillants de pénétrer par cette voie; ils traversèrent la coupure sur des planches et atteignirent sans encombre l'extrémité de la galerie; par r escalier de Catherine de Médicis, ils parvinrent à gagner les rues avoisinant le Louvre, d'où ils purent se disperser sans être reconnus ^

4. Cette retraite si facile et si peu troublée est encore une preuve évidente de ce que nous avons dit plus haut. Si les Tuileries avaient été prises de vive force, cette petite troupe aurait été poursuivie l'épée dans les reins; elle n'aurait pu

franchir la cou[)ure sans obstacle; elle aurait été décimée par les coups de fusil tirés sur elle pendant le trajet, si lonp; et si dangereux, de la grande galerie du Louvre; elle aurait enfin

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