SDR QUELQUES-UNS DES PERSONNAGES QUI JOUIRENT
ISH RÔLE DANS l'iNSU RRE CTION DU 10 AOUT.
( Voir pages 27, 97, etc. ) HUGUENIN,
PrésidefU de la commme insurrectionnelle.
Sulpice Huguenin avait été reçu avocat à ISancy; mais sa mauvaise conduite l'obligea de s'engager dans un régiment de carabiniers. Plus tard, il déserta et devint commis aux barrières de Paris. C'est de cette position infime qu*il s'élança au fauteuil de la présidence de la commune insurrectionnelle; ses méfaits antérieurs et les vols qu'il commit pendant sa pr^idence, furent bien vite dévoilés. Dès le 1 6 août, la section des Quinze-Vingts, celle même au nom de laquelle il s'était présenté à l'Hôtel de Ville dans la nuit du 9 au 10 août, lui lit dire qu'il eût à justifier de son éligibilité. Onze jours après, le 27, la môme section lui intima l'ordre de cesser ses fonctions municipales le lendemain même, s'il ne justifiait tant dun congé
absolu qiiG des autres preuves, qu'il s'était engagé à communiquer le jour où il avait été inculpé pour la première fois.
Malgré les injoDctions réitérées de ses prétendus commettants, Huguenin n'en persista pas moins à siéger au sein de la commune insurrectionnelle, et à servir les desseins des organisateurs des massacres de septembre. Après ces journées» pour esquiver des explications par trop difficiles à fournir et pour dépister les délateurs importuns, Huguenin se ût donner une mission dans les départements du sud-est de la France* Nous le retrouvons commissaire du pouvoir exécutif à Chambéry en Savoie, et présidant, le 26 septembre, en compagnie du comédien Michaux, autre membre de la commune du 10 août, la séance du club des Âmis de la liberté et de l'égalité ,)lonileu)' du 17 octobre 1702).
L'année suivante, Huguenin fut attaqué de nouveau pour des malversations de toute sorte, 11 était alors administrateur de rhabillement des troupes de la République. C'était, on doit en convenir, une place heureusement choisie pour un homme qui n'avait pu se laver des inculpations d'improbité lancées contre lui. Faut-iî s'étonner qu'à cette époque les plaintes les plus vives se soient élevées contre les vols odieux dont étaient victimes nos malheureux soldats et qui souvent nous enlevaient les fruits de la victoire?
Huguenin fut défendu contre ses accusateurs par Marat et par Pache, qui, dans les premiers jours de juillet 1793, lui délivrèrent de magniiiques certihcats de civisme et de
probité, et le recommandèrent à l'estime des bons citoyens; on retrouve le panégyrique d'Huguenin, par Marat, dans le n<* 236 de VÀmi du Peuple, l'un des derniers sortis de la plume de l'ignoble démagogue, qui peu de jours après recevait la terrible visite de Charlotte Corday.
Le témoignage de celui qu'après sa mort on érigea en
dieu ne préserva pas Huguenin de nouvelles accusations; car, on mois plus tard, il fut aussi énergiquement que jamais attaqué au sein du conseil général de la commune. On lit ce qui suit dans le procès-verbal de la séance du U août 1793 (Monilcur du 17) :
a Un membre se plaint de ce que le citoyen Huguenin « n'a pas encore rempli rengagement qu'il a contracté tt de rendre compte des cinquante louis en or qu'il avait « entre les mains, lors du 10 août 1792. Cet objet « donne lieu à une discussion assez longue et qui se terci mine par un arrêté portant que, mercredi prochain u (21 août 1793), le citoyen Huguenin présentera par « écrit son compte général et particulier sur toutes les « missions dont il a été chargé, étant membre de la cornai mune du 10 août. »
La séance du 21 août et la séance suivante se passèrent sans que Huguenin daignât présenter ses comptes. A partir de cette dernière dénonciation, Huguenin échappe à toutes nos recherches. La Biogrcqthiê ginèraU le fait mourir en 1803.
OSSEUN,
Membre de la commune de i79i, et officier municipal.
Osselin était un homme de loi assez liabile, mais peu considéré ; il fut nommé président du tribunal extraordinaire du 17 août, puis député à la Convention. Auteur de la loi sur les émigrés , il devint une des premières victimes de son œuvre; arrêté pour avoir donné asile à une émigrée , il fut condamné à la déportation pendant que la malheureuse comtesse de Charry était envoyée à réchafaud. 11 était depuis huit mois à Bicêtre, en compagnie des forçats, lorsque le comité de sûreté générale eut ridée de le comprendre dans une conspiration de prison. Amené à la Conciergerie et prévoyant le sort qui l'attendait, il s'enfonça un clou dans la poitrine, sans réussir à se tuer. Le lendemain, il fut traîné tout sanglant au tribunal révolutionnaire, et ensuite à l'échafaud (8 messidor an n, — 28 juin 179&).
LHUILUER,
Membre de la commune insurrectionnelle pour la section
MauconseiL
, Louis-Marie Lhuîllier était cordonnier, rue de la Grande-
Truanderie, lorsqu'il fut nommé accusateur public près le tribunal du 17 août, puis procureur-syndic du département de Paris. Impliqué dans le procès de Danton, il fut le seul acquitté parmi tous les accusés (16 ger-
LE iU AOUT 1192. m
minai an u), mais le tribunal révolutionnaire ordonna qu'il serait détenu jusqu'à la paix. Conduit à Sainte-Pélagie, il s'y suicida, le 16 floréal, juste un mois après son acquittement.
Membre de la commune in&urreclionnelle pour la section
Bonne-'NouoeUe.
Hébert était né à Alençon en 1757. Son père, qui était orfèvre, lui fit faire d'assez bonnes études; mais, de méfaits en méfaits, il tomba dans la dernière abjection. 11 fut pendant quelque temps contrôleur des contremarques au théâtre des Variétés. On le chassa de ce misérable emploi comme coupable de malversation et de vol. Pour vivre, il se fit journaliste, et publia dès la fin de 1790 le fameux Père Duchesne, le plus ordurier et le plus infâme des journaux démagogiques. Peu de temps après, il épçusa une ex-religieuse du couvent de la Conception, Saint-Honoré. Devenu , par la grâce de l'insurrection, membre de la commune du 10 août^ il ne tarda pas à être élu substitut du procureur-syndic. Dans cette fonction subalterne qu'avait occupée avant lui Danton, il joua un rôle très-important durant toute Tannée 1793 et éclipsa son supérieur Cbaumette, comme Danton avait éclipsé Manuel. Hébert fut guillotiné le U germinal an n, pour avoir porté ombrage au déiste Robespierre, en inventant de concert avec Cbaumette et Gobel le culte de la déesse Raison.