Gompte-reiidu du Moniieur, p. 90i
L'Assemblée était profondémeût indignée ; mais la Montagne, depuis plusieurs heures que cette scène de meurtre s'était passée, avait pris le soin de se munir de témoins en sens contraire. Elle les fait immédiatement paraître à la barre pour contre-balancer les témoignages des victimes elles-mêmes. Hs sont trois I L*un d'eux déclare qu'étant de garde au Château, «des grenadiers, barbouillés de boue exprès, sont entrés sans carte chez le roi; » que celui-ci, la reine et les dames d'honneur ont affecté de donner de grands soins aux blessés. Un autre raconte qu'il a menacé de sabrer un grenadier qui disait tout haut que les Marseillais étaient des brigands; qu'il l'a conduit k Tétat-major, mais qu'on l'y a fût relâchar. Le troisième ajoute : « Je préviens l'Assemblée qu'on doit lui apporter un corps mort; on lui dira que c'est une victime des Marseillais, ceux qui l'apporteront veulent commencer la contre-révolution ^ » Dans ce dernier fait, il y avait cela de vrai que Mathieu Dumas, qui avait eu deux parents blessés aux Champs- Élysées, avait proposé aux gardes nationaux des Filles-Saint-ïhomas d'aller chercher le cadavre du malheureux Duhamel an café de la rue Saint-Eloren^ tin et de le porter au sein de l'Assemblée^.
Mais avant que Dumas ait pu prendre la parole pour préparer cette scène ti'agique, le montagnard