SCÈNE X
(Liïie entre; elle n’a que la force de se Iraincr au fauicuil.)
LIVIE, seule.
Grâce à l’obscurité Gallus ne m’a point vue !
Ab! supplice sans nom! ah! fatale entrevue !
Ah ! j’étouffe !...
(Elle se laisse tomber dans le fauteuil, brisiîe, anéantie. Moment de silence. Relevant douloureusement la tète.)
Destin funeste ! jours maudits I Les voilà ces tourments que Saga m’a prédits !
Le doute est impossible à présent ! — demi-morte,
Un démon me tenait clouée à cette porte;
Tout mon sang refluait à mon cœur éperdu ;
Mes larmes m’étouffaient... mais j’ai tout entendu !
(Pause.)
Après ce que j’ai fait, c’est elle, elle qu’il aime !...
ISe levant.)
Après ce que j’ai fait !.. . Quoi ! cette maison même,
Ces voûtes et ces murs, cet air enfin chargé Du poison par lequel cet homme s’est vengé...
Quoi ! ce lit ou l’époux dans son dernier délire. Retrouvait tout à coup la voix pour me maudire.. . Oubliés! c’est très-bien. Dût mon crime hideux Retomber à jamais sur mes derniers neveux ;
Dût-on crier , d’un bout à l’autre de la terre : l.ivie. empoisonneuse, et Livie, adultère ;