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LA VENUS NOIRE

(traduction)

Je promenais solitaire, un jour, mon humeur attristée, — dans le parc d'un vieux château plein d'ombre et

délaissé, — quand, au détour d'une allée, ô le charmant spectacle! — je vis une statue au milieu des buissons,

Vénus, noire par l'effet du temps, mais riante et exquise, — corps divin embrassé par un lierre amoureux, — qui, hélas! me rappela la méchante conquête, — qui à vingt ans me lit aussi fou que malheureux.

Le marbre noirci me représentait son âme, — ardent foyer dont la flamme sest éteinte en ne laissant que la suie, ô vice dégradant!

Et je disais, regrettant encore la rebelle : — « O statue tu es bien elle ! Enlaidie par la noirceur, mais cependant rayonnante de beauté , — et le lierre qui t'enlace est son nouvel amant!

AUGUSTE FOURÈS

LA CIGALETO

E'no cigalo dins le cor,

Uno cigalo embriaigueto

Que me cassara le malcor

Qu'i estremèt bloundo amigueto.

Alerto-te, bestioto d'or!

E sa voux fa coumo l'aigueto

D'un pichou rieu, d'un poulit rieu

Que cascalhejo clar e vieu.

Lèu, joubs un rai blous et roussèl Se remenant bavardo, urouso, Coumo "n bresilhadis d'aucèl Anausso sa cansou gaujouso; Tremoli coumo 'n, albricèl Bressat pèr un imo amourouso ; Chichito, canto bravoment Pèr acalha moun pessoment.

M'es dous de senti fresina Sas dos alos, frèulos dentelos ; O valento! Fas tindina Tas cimbaletos clarinelos !

AUGUSTE FOURES.

Me voli (laissa 'mbelina Pèr las tieus gentios retournelos.

Souno e mai canto ! Dins moun cor S'es estavanit le malcor.

Junh 1876.

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