‹ La CigaleChapitre 14 sur 151 · AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

AU BORD DE LA MER

Un matin, je rêvais de Grèce Près de la mer, quand, sur le bord.

Passèrent, de l'or dans leur tresse.

Deux mignonnes enfants du Nord.

Par Phœbus Apollo! pensai-je, Dans nos horizons purs mais secs.

Ces deux fleurs des pays de neige Troublent un peu mes rêves grecs.

Leur grâce me charme et m'irrite Sous ce soleil, sous cet azur, Et les nymphes de Théocrite N'étaient pas blondes, à coup sûr.

Soudain, accourant d'une lieue, A petits pas, à petits pas.

Une petite vague bleue Me dit : « Imbécile! (tout bas),

« Il n'est pas d'idylle qui tienne ; Le blond te gêne, et puis après > Un peu de brise italienne Fait bien dans des cheveux dorés.

« Laisse donc là ton esthétique ; Les Grecs n'ont-ils point fait Cypris Blonde comme le miel d'Attique, Blonde comme ces tamaris !

« Leur Vénus, rayonnante et pure.

Apparut sous le ciel joyeux, Du soleil sur sa chevelure Et Tazur des mers dans ses yeux,

<î Tu peux m'en croire, je suis franche; J'étais là par un jour pareil.

Quand elle naquit blonde et blanche Dans l'écume et dans le soleil.

PAUL ARENE

« Vois, là-bas, frémir à la brise Le rire innombrable des flots; Vois cette écume qui se brise Aux pointes blanches des îlots;

» Comme au jour où Vénus est née Avec des yeux bleus comme nous, Cest fête en Méditerranée Et notre azur semble plus doux ;

« Car c'est elle, malgré les âges, Elle que nous nous rappelons, Quand se mirent près de nos plages Des yeux bleus et des cheveux blonds. »

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