AU TOAST PORTÉ PAR FR. MISTRAL AU NOM DES FÉLIBRES
Merci d'abord, merci pour cet accueil de frère Que par toi le Félibre a fait au Cigalier; Ce n'est pas un rival, non, amis ! au contraire : Ce n'est qu'un fruit nouveau sur le même espalier.
Vous, vous êtes la muse antique et jamais vieille, Sans cesse rajeunie en ses fortes amours, Qui se souvient d'Homère en enfantant Mireille Et berce l'avenir aux chants des anciens jours.
Chacun de vous, au ciel de notre Occitanie, Lance ses vers vibrants comme des flèches d'or. Et le Félibre, fier, tendre ou mâle génie. Augmente l'héritage et le commun trésor.
D'où vous vient cette force incessamment accrue? C'est que le sol natal aime et retient vos pas, C'est que, craignant la ville où la foule se rue, Vous chantez la nature et ne la quittez pas ;