CIGALE ET MOISSON
Quand les blonds épis mûrs, ondoyant dans la plaine, S'inclinent accablés sous le grand ciel dormant Et semblent annoncer qu'elle n'est plus lointaine L'heure où ruisselleront les flots d'or du froment,
Comme des condamnés, offrant leur tête pleine De l'espoir des hivers, un seul enchantement Les berce dans l'oubli de la moisson prochaine : Le blé qui va mourir écoute vaguement
La cigale entonnant ses notes frémissantes, —
Voici les moissonneurs. — Leurs faucilles grinçantes,
Abattant les épis, découronnent l'été.
Et, fidèle au destin des blés, la voix éteinte, La Cigale s'endort, sans regret et sans plainte. Lasse d'avoir vécu, fière d avoir chanté!