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UN INVENTEUR INCONNU

ISAAC EÉRARD, DU GRAND-GAtLARGUES

Quand on suit la ligne du chemin de fer de Nîmes à Montpellier, dix minutes avant d'arriver à Lunel, on aperçoit, sur la droite, au sommet d'un coteau, un beau village, que domine un superbe temple protestant : c'est le Grand-Gallargues.

Dans ce village naquit, en 1770, Isaac Bérard, dont le génie inventif créa la colonne distillatoire . l'àme des appareils actuels pour la distillation des liquides alcooliques. Isaac Bérard ne devait trouver, pour prix de ses découvertes, pendant sa vie, que des combats et des mécomptes, et après sa mort, l'injustice ou l'oubli.

Edouard Adam tenait secret le mécanisme de l'alambic qu'il avait imaginé pour la distillation des vins. On ne connut guère ses dispositions que lorsqu'il prit, en 1805, le brevet de son appareil. Dans les premiers temps, XQYS, 1802, comme on ignorait le principe qui avait servi de base à son invention, plusieurs distillateurs cherchaient à construire des alambics arrivant au même résultat, c'est-à-dire produisant, par une seule chauffe du vin, tous les degrés de spirituosité de lalcool. Un professeur de chimie de l'École centrale du Gard, Solimani, avait beaucoup dépassé Edouard Adam, par le véritable appareil de précision qu'il avait imaginé. Isaac Bérard

surpassa également Edouard Adam, par rin\ention, très-remarquable, dun alambic tonde sur un principe tout autre que celui qui a\ait guidé Edouard Adam, et qui l'emportait de beaucoup sur son modèle, sous le double rapport de la simplicité et de l'économie.

Edouard Adam s'était contenté de copier l'appareil de Wolf et d'approprier cet appareil à la distillation du vin; Isaac Bérard inventa, pour la séparation, ou l'analyse, des vapeurs de l'alcool et de leau, un petit système, composé de plaques métalliques percées d'un orifice, qui recevant successivement le mélange des vapeurs d'eau et d'alcool provenant du vin, opérait, la séparation ou l'analyse des deux vapeurs composant ce mélange. Le cylindre à compartiments métalliques d Isaac Bérard est certainement le point de départ de V appareil à colonne, aujourd'hui en usage dans toutes les distilleries du monde.

Isaac Bérard n'était pas plus versé qu'Edouard Adam dans les connaissances scientifiques; mais il était doué d'un grand esprit d'invention, d'observations et de recherches, et en outre, la pratique l'avait familiarisé avec toutes les difficultés de son art.

Isaac Bérard était fils d'un simple fabricant de cabas pour les pressoirs à huile. Il avait montré, des l'enfance, un esprit industrieux et une grande aptitude pour les arts mécaniques.

A vingt-deux ans, il créa au Grand-Gallargues une fabrique d'eau-de-vie. A peine eut-il commencé d'exercer cette industrie, qu'il songea à simplifier l'opération de la distillation des vins, qui était alors longue et compliquée, par suite de la nécessité de rectifier plusieurs fois les produits, si l'on voulait obtenir du trois-six.

Isaac Bcrard n'employa pas moins de treize ans à réaliser l'invention de son cylindre analyseur à plaques métalliques ou à diaphragmes, qui produisait la séparation, l'analyse, du mélange de \'apeurs d'eau et dalcool pro\enant du ^■in, et qui permettait d'obtenir, à volonté, de l'alcool à divers états de concentration. Ce fut en 1804 environ, que ses idées furent définitivement arrêtées et que son alambic fut construit.

Il est bien remarquable qu'un simple brûleur de vins, un homme dépourvu de connaissances scientifiques et n'ayant que son propre fonds d'obser^ ations puisées dans l'exercice de sa profession, ait pu, sans aucun secours ni conseils, non-seulement concevoir le principe de la colonne analyseuse. qui est la base des appareils actuels pour la distillation des liquides alcooliques, mais encore construire l'appareil de manière à le rendre immédiatement pratique, et répondant aux besoins de l'industrie de son temps. Pendant qu'Edouard Adam, obéissant aux préceptes el aux leçons du chimiste Solimani, construisait son appareil à œufs, en copiant servilement les flacons de Wolf, et commettait la grande faute de produire dans la chaudière une pression toujours dangereuse, plus dangereuse encore avec un liquide inflammable comme l'alcool, Isaac Bérard construisait son appareil, qui fonctionne sans pression et qui, avec une simplicité vraiment merveilleuse, accomplit l'analyse, la séparation des vapeurs dalcool et d'eau, par leur simple passage à travers une série de plaques métalliques de plus en plus froides, et communiquant les unes avec les autres par de petites ouvertures percées au haut ou au bas de ces plaques. L'eau, qui est moins volatile que l'alcool, se condensait dans les premiers compartiments, et l'alcool, dont les

vapeurs franchissaient, sans se condenser, toutes ces petites chambres aux parois métalliques, arrivait, sensiblement privé d'eau, dans le dernier compartiment. En employant un nombre suffisant de diaphragmes, on finissait par recueillir, à l'extrémité de cette colonne, de l'alcool presque entièrement privé d'eau. Et si l'on voulait obtenir simplement de l'eau-de-vie, on n'avait qu'à retirer, au moyen d'un robinet, le liquide condensé dans la première case. Au lieu de l'encombrant appareil d'Edouard Adam, dont l'installation nécessitait des frais énormes, un cylindre de petite dimension, qui s'adaptait à toutes les chaudières et ne changeait rien à l'outillage des distilleries, produisait ce résultat étonnant.

Ce ne fut pas, on le comprend, sans de grandes difficultés qu'Isaac Bérard réussit à construire le premier modèle de son alambic. Craignant de devenir la risée du village, si on le savait occupé à la poursuite d'une découverte scientifique, et voulant, d'ailleurs, tenir son entreprise secrète, soit qu'il réussît, soit qu'il échouât, il s'enveloppait d'un grand mystère. Sa fabrique d'eau-devie donnait sur un jardin. Au fond de ce jardin, il fit construire un atelier particulier, dans lequel il n'admettait personne. Pour ne point divulguer le mécanisme de son cylindre à plaques métalliques, il commanda les pièces à difîerents chaudronniers, et il fit assembler ces pièces par d'autres chaudronniers. Par un véritable trait de génie, il avait inventé le robinet à trois eaux, que Ton trouve dans tous les appareils modernes, et qui lui servait à diriger à volonté les vapeurs du vin dans l'un ou l'autre des trois compartiments, selon qu'il voulait obtenir de l'eau-de-vie ordinaire, de l'eau-de-vie preuve de Hollande ou du trois-six. Il commanda son robinet à

trois eaux à la fonderie Labric, de Montpellier, et le reste de l'appareil à une fonderie de Nîmes. Il souda lui-même à la chaudière le cylindre à plaques métalliques formant des espaces communiquants, qui constituait son invention.

11 y avait encore dans son appareil une pièce trèsimportante : c'était le tuyau de retour à la chaudière. c'est-à-dire le tube qui ramenait à la chaudière l'eau condensée dans les cases du cylindre analyseur, eau qui retenait encore de l'alcool. Ce phlegme. comme on disait alors, soumis à une nouvelle distillation, devait fournir de l'alcool. Le tuyau de retour pouvait, s'il était aperçu et compris, mettre les curieux sur la voie de ses recherches. Pour le dérober à tous les yeux, Isaac Bérard l'enferma dans la maçonnerie du fourneau.

Quand son appareil fut bien installé, et que sa construction lui parut répondre à tous ses désirs, Isaac Bérard s'occupa d'en faire l'essai, dans une distillation opérée sur l'échelle ordinaire. Mais il ne voulut mettre personne dans la confidence de son entreprise ; il ne voulut prendre avec lui aucun ouvrier, aucun manœuvre, pendant cette expérience, qui était pourtant entourée de bien des dangers. C'était pour la première fois qu'il allait essayer de mettre le feu à son nouveau fourneau, avec une charge de vin suffisante pour produire une grande quantité d'alcool. Ce fut donc pendant la nuit, et seul dans son atelier, qu'Isaac Bérard alluma son fourneau, attendant, avec une terrible anxiété, le résultat de l'expérience, et n'étant pas bien sûr de ne pas sauter en l'air, par l'explosion de l'appareil.

Je ne crois pas qu'il y ait dans l'histoire des inventions de notre siècle, beaucoup de situations aussi saisis-

santés, aussi dramatiques que celle de cet inventeur se livrant, sans témoins et sans secours, à l'essai d'une machine où le feu et l'esprit-de-vin se touchent, pour ainsi dire. Pendant que la nuit couvre tout de son ombre dans le village endormi, lui seul veille, travaille et attend. Il peut périr victime de son audace, mais du moins il n'entraînera personne dans la catastrophe, car son petit atelier est éloigné de la distillerie, et si un malheur arrive, il périra seul. Il avait recommandé son âme àDieu,car il était très-religieux, et il était prêt à tout. Il avait, néanmoins, pris les précautions nécessaires pour parer à un accident. Un gros tas de charbon et de cendres mouillées était à ses pieds, et lorsque les premiers bouillonnements de la chaudière annoncèrent que l'esprit-de-vin allait passer dans le cylindre-analyseur, puis dans le serpentin, il chargea une pelle de cendres et de charbon mouillé, et tenant la pelle de la main droite, il prit dans la main gauche le petit crochet de fer qui sert à ouvrir la porte du fourneau des distilleries, prêt à ouvrir cette porte et à jeter sur la grille du foyer les cendres, pour éteindre le feu au moindre signe d'accident.

L'accident se produisit, en etîet. Après les premiers bouillonnements de la chaudière, l'alcool arriva en si grande abondance, par l'extrémité du serpentin, que le petit entonnoir par lequel cet alcool coulait dans l'éprouvette, déborda et que le liquide inflammable se répandit sur le sol de la pièce. La pelletée de cendres et de charbon mouillé, promptement jetée sur la traînée du liquide, arrêta tout danger, et bientôt, le hlet d'alcool ayant coulé plus doucement, l'opération se termina sans encombre.

On comprend la joie immense et la juste fierté que dut ressentir notre courageux inventeur, en présence du

résultat d'une expérience qui venait apporter le grand desideratum de l'industrie des spiritueux : la fabrication du trois-six par une seule chauffe, et le moyen d'obtenir, dans la même opération, tous les degrés de spirituosité de l'alcool, depuis l'eau-de-vie la plus faible, jusqu'au cinq-six. Et c'était un pauvre distillateur de village, un homme sans éludes scientifiques, qui n'avait jamais mis les pieds dans un laboratoire de chimie, qui navait reçu ni leçons, ni inspirations, ni conseils de personne, et devait tout à son propre génie, qui venait de résoudre un pro])lème d'une portée économique immense et qui, depuis un siècle, occupait les plus éminents industriels ou savants de tous les pays. Il lui avait fallu treize ans de recherches, de tâtonnements, de dépenses; il avait dû s'envelopper, pendant ce long intervalle, du secret le plus rigoureux ; il venait de jouer sa vie dans une expérience sans précédent, mais le brillant résultat qu'il avait obtenu, dans cette nuit mémorable, le récompensait largement de ses fatigues.

L'appareil distillatoire d'Edouard Adam était un véritable monument, dont la construction absorbait des sommes énormes, car le premier modèle, le grand alambic ne coûtait pas moins de trente mille francs. A ce point de vue, Edouard Adam avait mis un véritable monopole aux mains des sociétés financières, qui pouvaient seules exploiter la fabrication des trois-six. L'appareil d'isaac Bérard, d'une simplicité qui tenait du prodige, ne devait pas coûter plus de 350 francs, et s'adapter à toute chaudière. Il devait, par le fait, renverser le monopole créé à son profit par la compagnie d'Edouard Adam, et comme nous le dirions aujourd'hui, démocratiser l'industrie des alcools.

C'est, en effet, ce qui ne manqua pas d'arriver. Isaac Bérard ayant fait breveter son appareil en 1805, la plupart des fabricants d'eau-dc-vie s'empressèrent d'adopter sa colonne analyseuse , et les appareils d'Edouard Adam reçurent un coup terrible de cette découverte imprévue.

Isaac Bérard eut à soutenir contre Edouard Adam un procès qui dura plusieurs années, et qui se termina, le 19 mai 1809, P^"* la condamnation complète, absolue, d'Edouard Adam.

Le gain de son procès fut pour Isaac Bérard l'occasion des manifestations les plus flatteuses de la part des habitants de son village natal.

Les habitants de Gallargues allèrent l'attendre à son arrivée, et le conduisirent joyeusement chez lui, au son du hautbois populaire. Le lendemain, les communes des environs, dans lesquelles les distillateurs faisaient usage de son appareil, vinrent le féliciter de la même manière. Les fabricants d'eau-de-vie qui employaient son alambic arrêtèrent leurs feux pour couvrir leurs chaudières de rubans et de feuilles de laurier; entin les autorités municipales de ces communes offrirent un banquet à l'heureux triomphateur.

Ce triomphe devait être de peu de durée !

Edouard Adam était mort pendant le cours du procès qu'il avait intenté à Isaac Bérard ; mais ses frères Zacharie et Frédéric Adam, avaient continué l'exploitation de ses appareils, de concert avec la compagnie financière dirigée par Durand-Palerme. Isaac Bérard ayant pris, le 16 juin 1807, un nouveau brevet pour faire, avec son appareil, sans plus de frais, une pièce de trois-six par jour, les frères Adam lattaquèrent, comme contrefacteur d'un prétendu perfectionnement d'Edouard

Adam. C ctait un second procès qui s'ouvrait, et il devait être plus pénible que le premier.

Isaac Bérard jugea nécessaire, à l'inslruciion de ce nouveau procès, de se rendre à Paris. Il voulait faire apprécier son invention aux savants de la capitale, et publier leur opinion. 11 lit à cheval le voyage de Nîmes à Paris. Son appareil fut monté par lui à la fabrique de produits chimiques des Ternes, et il en sollicita l'examen de la Société philomathique . qui était alors le véritable Institut de France.

Le 30 août 1809, Berthollet et Chaptal, qui avaient suivi toutes les opérations faites par Bérard avec son appareil, à la fabrique des Ternes, adressèrent à la Société philomathiqiie un rapport, qui établit la haute opinion des savants commissaires sur l'invention d'isaac Bérard.

En présence de ce témoignage, Tissue du nouveau procès ne pouvait être douteuse.

N'ayant pu réussir à triompher de leur adversaire, les frères Adam prirent le parti de s'associer avec lui. L'accord détinitif s'étant fait, un acte général fut dressé, en 181 1, portant que tous les auteurs brevetés d'appareils pour la distillation des vins, c'est-à-dire les frères Adam, Isaac Bérard et Solimani, réuniraient leurs brevets pour une association commune. .Durand-Palerme, qui était à la tète de l'ancienne société financière d'Edouard Adam,, dirigea la nouvelle société. Il perçut les sommes résultant de la vente des appareils aux distillateurs ou de la cession des licences.

Son association avec les héritiers d'Edouard Adam n'empêcha pas Isaac Bérard de continuer ses recherches ayant pour objet le perfectionnement de l'art du distilla-

leur de vins. Il lit construire ou breveter un assez o-rand nombre de dispositions d'appareils qui donnaient une grande économie de combustible, ou qui rendaient plus efficace le jeu de son cylindre-analyseur. On a de lui des brevets d'invention et de perfectionnement pris en i8o5, 1807, 1813, 1814 et 1816.

La demande de son dernier brevet se termine ainsi :

« L'assiduité au travail pour parvenir à perfectionner la distillation des vins et du marc et la porter à sa dernière période, m'a rendu paralytique, et ne pouvant pas signer, je suis obligé de faire signer par procuration. »

En effet, Isaac Bérard avait été frappé de paralysie, en 1813, ce qui ne l'avait pas arrêté dans l'ardeur qu'il apportait au travail et aux recherches.

Il mourut d'une hydropisie, le 8 février i8ic). Quant à l'association des inventeurs brevetés, dirigée par Durand- Palerme, elle ne produisit que de médiocres bénéfices. Le seul profit qu"Isaac Bérard obtint jamais de son invention, fut la vente des licences, pendant les premiers Temps de sa découverte. Il ne légua à sa fille, M'"® Alaurin-Bérard, que la suite dun procès avec les héritiers Adam, procès qui devait durer plus de trente ans et dont elle ne devait rien retirer. Le procès intenté par la fille d'Isaac Bérard, à la maison Durand-Palerme, pour redditions décomptes, s'est terminé, en 1853, par la liquidation d'un dividende nul.

On sait que le 10 mai 1860, une statue a été élevée à Edouard Adam, au bout de l'Esplanade de Montpellier. Elle représente l'inventeur, en redingote, tenant à la main une éprouvette. Un croquis de ses œufs de cuivre est gravé sur lun des bas-reliefs de la statue.

L'hommage public que le midi de la France a rendu à la mémoire d'Edouard Adam, en lui élevant une statue à Montpellier, répond péremptoirement au reproche d'ingratitude que M. Girardin, professeur de chimie à Rouen, n'a pas craint d'adresser aux Languedociens, dans une Biographie d'Edouard Adam^ son compatriote, où il méconnaît entièrement les droits et les découvertes d'Isaac Bérard. Si les Languedociens se sont montrés oublieux envers quelqu'un, c'est précisément envers un de leurs compatriotes, envers Isaac Bérard, qui, en inventant la colonne-analyseuse, a véritablement créé 1 appareil actuel pour la distillation des vins. On s'apitoie sur le triste sort d'Edouard Adam, mourant à la peine, pendant le cours de son exploitation, mais Isaac Bérard a-t-il été plus heureux ?• Il passa toute sa vie consumé par le feu de ses fourneaux, et mourut, comme Edouard Adam, par des fatigues résultant de son ardeur au travail. Mais tandis que le nom d'Edouard Adam est entouré de toutes sortes d'hommages publics, celui d'Isaac Bérard est aujourd'hui entièrement inconnu. Il n'est inscrit que dans quelques ouvrages spéciaux, et si M. Girardin le cite une fois, dans sa Biographie d'Edouard oAdam^ c'est pour y accoler l'épiphète de contrefacteur. Heureusement, l'arrêt d'un tribunal a prononcé, l'histoire impartiale rendra justice à chacun, et l'estime publique placera au même titre, au même rang, les deux hommes dont les inventions réunies, perfectionnées ensuite par d'autre inventeurs, ont fini par créer le superbe et imposant appareil qui sert aujourd'hui dans le monde entier, à la distillation prompte et économique des vins et des autres liquides alcooliques.

Nous demanderons, en terminant, s'il ne serait pas

juste, puisque la reconnaissance publique à consacré, par une statue s'élevant sur une des places de la ville de Montpellier, la gloire de l'inventeur rouennais, de rendre quelque hommage au distillateur languedocien qui a tant perfectionné Fœuvre du premier inventeur. Un buste, un monument, tant modeste fût-il, élevé à Montpellier, à Nîmes ou au Grand-Gallargues, son village natal, serait-il un hommage excessif pour Isaac Bérard ) C'est une question que je pose, comme Languedocien, à mes compatriotes.

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