‹ La Cilicie et le Problème ottoman [par] Pierre Redan. PréfChapitre 18 sur 31 · PL II · texte numérisé non relu

PL II

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Cl. F. r.

La ville arménienne de Dortyol et l'Amanus.

Mosqviée à Marache.

Cl. A. E.

P. Guillaumot, grav

» Le salut des cbrèlicns d'Orient • U'pcnd d(! l'allianro de la France et de l'Anulelorrc. «

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HISTORIQUE DE LA CILICIE (l'^ PAUTIK ).

Epoque ancienne et commandement anglais.

jo Antiquité. — La Cilicie est le territoire placé dans le V majuscule renversé formé par le Taurus au Nord et l'Amanus au Sud-Est.

Le Taurus cilicien a des altitudes de 8200"^ à 3400"^ avec des sommets de 45oo"^. Une seule route le traverse, celle de Bozanti appelée Giilck BogJiaz. Ce sont les Portes Cilicienncs, jadis dominées par les forteresses de Cybistra, de Podandus.

Les Taurus (Cilicien, d'Isaurie, de Pisidie, de Lycie) sont reliés aux' Alpes Pontiques par l'Anti- Taurus, qui borde le Zamantia, affluent du Seïhoun.

L'Amanus (de 2000"^ à 3ooo"^) sépare au Sud la Cilicie de la Syrie qui, dans l'antiquité, ne dépassait pas rOronte. Pour sortir de Cilicie avi Sud, trois défilés : i^ (Karanlik Kapou, Demir Kapou) Portes de Fer ou de Tamerlan; 2° près d'Alexandretto, les Portes Amaniques (Pilier de Jonas), Sakal Tontan ; 3^ au sud d'Alexandrette, les Portes Syriennes, près de Beilan.

Cette configuration géographique explique, en

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grande partie, l'histoire de la Cilicie, terre riche que les invasions successives ont traversé pour se porter de l'Anatolie vers la Syrie.

Déjà aux temps des Sésostris, les Égyptiens occupèrent la Cilicie, à la barrière du Taurus, contre les Hittites (deux mille ans avant J.-C.) (^) pour protéger la Syrie et l'Egypte.

L'antiquité grecque et latine donna à la Cilicie un développement prodigieux. La province que gouverna Cicéron fut l'un des greniers de Rome. Les villes s'élevèrent de toutes parts sur les côtes fréquentées et dans les plaines fertiles. Sélefké est ce qui reste de la Séleucie antique. Mersine, port de la Cilicie, a été construit près de l'ancienne P.ompéïopolis. Tarsous, qui a actuellement 18000 à 20 000 habitants, est une ville d'une antiquité prodigieuse. Elle aurait été construite sur la première plaine asséchée après le déluge. « Tarse a rivalisé jadis avec Alexandrie d'Egypte sous César et Auguste, a été la capitale d'Antoine et de Cléopâtre, puis des Roubéniens (^) ». Elle posséderait le tombeau de Sardanapale, fut la patrie de Saint-Paul. Aux environs se trouve la caverne des Sept- Dormants, objet d'un pèlerinage fréquenté.

{^) Do même en 1 798-1 799 Bonaparte prit le Taurus comme objectif extrême de la campagne de Syrie. ]'"n 1837-1840, Ibrahim Pacha soutenu par la France contre la Turquie, alliée de l'Angleterre et de l'Autriche, n'arrête les Égyptiens qu'au Taurus qu'il fortifia avant de reprendre sa marcho sur Constantinople.

(2) Colonel Brémond, op. cit., p. 02 et suiv.

HISTORIQUE DK LA riLICIK (PREMIERE PARTIE). C7

Au nord d'Adana, Sar est Hiérapolis, Marache fut Germanicia, Albistan fut Ablasda, Islaiiiyé fut Nicopolis.

Sis, qui fut capitale de l'Arménie mineure, de 1 1 8?> à 1875, et n'a plus que 25oo habitants environ, est une antique cité, laquelle remplaça Anavarza (Anazarbe), surnommée la Nouvelle Troie, fortifiée par Justinien I^' pour couvrir la plaine, et par Harounal-Raschid.

Missis fut Mopsueste (Mamistra) ; Adana est l'antique capitale de la Cilicie, se développa sous Justinien P^.

« Le port d'Aïas, au nord du golfe d'Alexandrette, fut au xiii^ siècle aussi florissant qu'Alexandrie d'Egypte; les routes commerciales qui en partaient étaient :

Aïas, Piliers de Jonas, Alexandrette;

Aïas, Missis, Sébaste (Sivas), Erzeroum, Caucase;

Aïas, Adana, Gulek Boghaz, Konia, Constantinople;

Aïas, vallée du Gok par Moût (Claudiopolis) et Ermének (Germanicopolis) Isaurie.

(( Les commerçants de Montpellier et de Provence eurent un négoce important à Aïas et conclurent, à cet effet, des traités en i3i4 et i33i avec Léon V de Lusignan, roi d'Arménie Mineure; ils ne faisaient d'ailleurs que suivre les Génois, les Vénitiens, les Catalans, les Siciliens (^) ».

(^) Colonel Brémond, op. cit., p. 34.

On voit, d'après cette rapide description, combien seraient intéressantes des études historiques et archéologiques en CiHcie. Depuis les Hittites jusqu'aux Croisés, les peuples successifs ont parsemé le sol de monnaies, de médailles, de tombeaux, de châteaux, de ruines de toutes sortes; la Cilicie est loin d'avoir livré tous ses trésors historiques.

Au Moyen Age, la Cilicie fut occupée par les Croisés alliés aux seigneurs locaux arméniens par de nombreux mariages. Les conquêtes croisées allèrent jusqu'à Ourfa, l'ancienne Edesse, dynasties franques dans les plaines du Seïhoun, germaniques au Djebel Bereket, franques encore de Marache à Antioche et Ourfa. La famille féodale la plus connue en Cilicie est celle de Lusignan, dont le manoir se dresse près de Djïhan et qui donna ses derniers rois à la Petite Arménie.

Le fait dominant toute l'histoire cilicienne est que la Cilicie fut le perpétuel lien de transit entre l'Asie Mineure, l'Asie antérieure et la Syrie. Darius et Alexandre le Grand s'y heurtèrent, les dix mille de Xénophon, les armées croisées, les invasions persanes, tatars, arabes, mongoles, turques, traversèrent la Cilicie, l'ensanglantant et tirant parti de S3s riches terres.

Après la prise de Sis, dernière capitale du royaume de Cilicie, le sultan d'Egypte El Mélik el Achraf Chaaban fit administrer directement le pays par ses gouverneurs (i363-i377); mais, en 1887, les farouches hordes mongoles de Tamerlan s'emparèrent du pays qu'elles ravagèrent. A la mort du terrible boiteux.

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