‹ La cinquantaine épiscopale de Pie IXChapitre 5 sur 20 · ALORS M»' MASTAÏ · texte numérisé non relu

ALORS M»' MASTAÏ

Quand il prit possession du siège de Spoléte en 1827.

Jean- Marie, des comtes Mastaï Ferretti,

patricien de Sinigaglia et d'Ancône^ par la grâce de Dieu et du Siège apostolique, archevêque de Spolète> prélat domestique de Sa Sainteté Notre Seigneur le Pape Léon VII^ et assistant au trône pontifical.

Aux vénérables frères et trés-chers fils en Jésus-Christ, les chanoines du chapitre, les curés des paroisses, au clergé des deux ordres^ aux notables et à tout le peuple de son diocèse j paix et salut perpétuel dans le Seigneur.

Quels que soient vos sentiments^ vénérables frères et très- chers fils en Jésus-Christ, pour moi, certainement, il ne pouvait rien m'arriver de plus éloigné de mon désir ni de ma pensée que d*étre chargé de gouverner cette église de Spolète; car, en recevant Tinsigne de la milice ecclésiastique, je me proposai uniquement de rester obscur et toujours le dernier dans la maison de mon Père, afin de pouvoir plus librement et plus facilement vaquer selon mes forces à mon salut et à celui du prochain. Aussi, dès que je fus nommé chanoine de l'insigne basilique de Sainte-Marie in via lala, je me suis appliqué à instruire les petits enfants pauvres et surtout les orphelins des mystères de la foi et des éléments de la religion et en même temps à les bien élever : puis encouragé, principalement par les Conseils de l'Eminentissime prince Ânnibal, cardinal de la Genga, alors vicaire du souverain Pontife à Rome et aujourd'hui Léon XII, je n'ai pas hésité à entreprendre un long et pénible voyage,, non pas pour visiter des contrées inconnues, mais seulement pour gagner le plus d'âmes possible à Jésus-Christ. A mon retour, ayant repris mes fonctions de chanoine, je m'occupais de nouveau dQ rinstruction des enfants pauvres^ lorsque.

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par nue bienveillance particulière de ce ménid Pontife, j'ai été établi dîrectear de l'hospice apostolique de Saint-Micbel à Ripa, où sont recueillis et entretenus les pauvres, tant les enfants que les invalides de la vieillesse. Rien ne pouvait m'être plus agréable et plus précieux que cette charge qui m'ouvrait le plus vaste champ à l'exercice de la charité chrétienne.

Mais, pendant que je jouissais presque avec délices de la plénitude de cette paix, voilà que ce même Souverain Pontife Léon XII, contre mon attente^ me signifie qu'il vient de me désigner pour l'archevêché de Spolète. J'en fus, je l'avoue, stupéfait et tout saisi de crainte, mais non abattu, et invoquant rinsufôsance absolue de mes forces, je ne négligeai rien pour écarter^ s'il était possible, ce projet.

Tous mes efforts ayant échoué, je dus à la fin me taire et m'humilier, et je crus devoir déférer entièrement à la volonté de Celui à qui ont été confiées les clefs du royaume des cieux et qui est sur la terre l'interprète de la volonté de Dieu même.

Et maintenant que j'ai accepté la charge qui m'était confiée dans le seul sentiment de l'obéis* sanoe due au Suprême Ponlife des choses saintes» bien qu'en me considérant moi-même je me trouve tout à fait dépourvu de ces vertus dont les pasteurs des âmes doivent, selon l'apôtre, être remplis; cependant, me tournant tout entier vers la volonté divine et m'y confiant, je viens à espérer fermement que celui qui peut tirer le pauvre de la poussière, et des pierres susciter des enfants d'Abraham, voudra bien, à ma prière, m'accorder les secours nécessaires pour que, devenu le modèle de mon troupeau, je me montre ouvrier irré-« prochable et prédicateur correct de la parole de vérité.

Grandement réconforté par cette espérance, j*iral donc à vous et j& resterai au milieu de vous, afin de connattre le visage de mon troupeau^ et d'ap«

MANDEMENT DE PIE IX ' î!7b

peler^ à l'exemple dn bon Pasteur^ mes bfei»is par leur nom^ de les nourrir, de marcher à leur tète et de donner aussi ma yiepour elles. Car je ne regarde pas ma vie plus précieuse que moi-même, pourvu que je fournisse ma carrière et que je m'acquitte du ministère de la parole que j'ai reçu du Seigneur Jésus. Et si par malheur, ce qu'à Dieu ne plaise, quelqu'une des brebis qui me sont confiées sortait témérairement du bercail pour courir et devenait finalement la proie des bêtes fauves de la forêt, je ne m'épargnerais aucune fatigue pour aller à sa recherche jusqu'à ce que je l'aie retrouvée, et, l'ayant trouvée, je la mettrais tout joyeux sur mes épaules et je la ramènerais au bercail, car rien ne me sera plus doux que de retrouver la brçbis perdue.

Que si, placé sur un siège que tant de personnages les plus distingués en toutes sortes de mérites, plusieurs même inscrits au Catalogue des saintSjéont rendu illustre, j'ai à m'affliger de ne pouvoir leur être comparé en aucune manière, c'est pour moi aussi un grand sujet de joie de voir que le troupeau chrétien confié à ma garde, imitateur fidèle des exemples de ses évéques, docile à leurs enseignements, est demeuré toujours ferme dans la foi et a abondé en toute sorte de bonnes œuvres. Car, même dès les premiers temps de l'Eglise, après que toutes les ténèbres de l'erreur eurent été dissipées et les superstitions païennes rejetées, vos pères furent gratifiés des lumières de la foi et iustruits des préceptes de la loi chrétienne par saint Brice, que le Prince des Apôtres luimême avait établi votre premier archevêque. Les successeurs de celui-ci, non moins recommandables par leur doctrine que par leur sainteté, ont donné tous leurs soins à faire croître de plus en plus cette vigne si bien et si heureusement plantée; et parmi eux, il faut citer saint Sabin qui mérita la couronne du martyre, saint Martial et beaucoup d'autres, spécialement Maffeo Barberini^ qui devint 0ii9aUe le pape Urbain VIII^ et dont vous vous

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rappelez encore les insignes bienfaits avec tant de reconnaissance.

Et vous, on vous a vus correspondre fidèlement à lears soins, garder toujours intact et intègre, an milieu des plus grands troubles et des tourmentes de la société et de la république cbrétlenne, le dépôt de la foi que vous avez reçu au commencement. S'il en a été ainsi par le passé, combien plus aujourd'hui que le Pape Léon XII s'emploie ardemment à procurer à ce pays qui lui -a donné le jour^ la bonne éducation des garçons et des filles, et à tous la prospérité et la sécurité I Gomment donc ne me serait-il pas permis d'augurer que ma charge pastorale me sera beaucoup plus douce ? J'ai l'assurance que Yous me rendrez mon devoir assez facile pour que je n'aie pas à employf r la verge et qu'il me suffise, suivant le conseil de l'apôtre, de vous reprendre, de vous supplier, de vous gourmander en toute bonté et patience, selon le rôle de douceur et de mansuétude que mon caractère me porte à remplir toujours.

Maintenant, pour signifier à toutes les classes de citoyens mes volontés paternelles, je m'adresse d'abord à vous, éminents chanoines de l'église cathédrale, qui me serez toujours honorés. Vous êtes le sénat et le conseil de l'évéque; vous êtes les grands luminaires placés dans le temple du Seigneur, vous qui élevez vos mains vers les saints autels, et louez le Seigneur par les psaumes, les hymnes et les cantiques sacrés. Â vous donc le devoir, en raison de votre science et de votre sagesse, de m'aider de tous vos conseils et de tout votre concours dans les difficultés de ma charge pastorale ; à vous de répandre partout l'éclat des vertus qui sont pour les autres une puissante excitation au service de Dieu; à tous enfin d'être toujours empressés aux saintes fonctions du Seigneur, aimant par-dessus tout la magnificence de la maison de Dieu, et évitant avec soin les rivalités et les dissensions qui, loin d'être d'aucun bien^ sont l'origine et la source de beaucoup de maux.

MANDEMëNT t)Ë PIE IX 27^

Ce que je viens de dire aux chanoines de Tëglise cathédrale je le dis également à ceux des églises collégial es, afin que chacun, selon la fonction qu'il exerce, travaille de la même manière à la remplir, et que tous marchent unis dans la maison de Dieu.

£t maintenant je m'adresse à vous, qui avez charge d'âmes, à vous, mes autres moi-môme dans le ministère du salut, et dans le soin du troupeau confié à ma garde. A quoi me serviraient mes veilles, mes sollicitudes, mes efforts, si vous ne me prêtiez le secours de vos mains, pour paître avec moi le troupeau de Dieu qui vous est départi, vous occupant de lui non par contrainte, mais spontanément selon Dieu, et non en vue d'un gain sordide, mais généreusement ? Paissez-le donc, je vous le demande, par la prédication assidue de la parole de Dieu afin que nul ne pèche par ignorance de la loi divine ; et en fidèles dispensateurs des grâces multiples de Dieu, paissez-le aussi par le secours des sacrements, afin que ceux qu'opresse le poids de leurs fautes s'en relèvent déchargés, et que ceux qui marchent dans la voix du Seigneur s'avancent d'un pied plus allègre. Comme il n'importe pas moins à la société civile qu'à l'Eglise que les enfants, dès leurs plus tendres années, soient instruits des éléments de la foi et des préceptes de notre religion, ne manquez jamais de travailler avec hienveillance à les former à l'honnêteté et à la piété, car vous n'ignorez pas en quels temps mauvais nous vivons, temps qui vous obligent à veiller de plus en plus, à vous tenir sur vos gardes, de peur que l'homme ennemi survenant ne sème la zizanie au milieu du froment, de peur que le sanglier de la forêt ou quelque animal féroce faisant irruption tout à coup ne vienne tout détruire. Je n'ignore pas que vous êtes de ceux qui portent le poids du jour et de la chaleur, mais votre cœur sera réconforté; prenez patience un peu, car, lorsque apparaîtra le prince des pasteurs, vous recevrez rincorruptiblo couronne de la gloire,

ti% APPENDICE

C'est à voas maintenant que je m'adresse^ Prêtres^ Lévites et voas tous qui faites partie de la milice ecclésiastique. Vous combattrez certaine* ment le bon combat, si» connaissant parfaitement les lois^ les prescriptions et la discipline de cette milice^ vous vous efforcez d'observer religieusement chaque point.

Il faut que vous vous instruisiez de toutes ces choses d'après la doctrine de Jésus-Christ luimême et d'après les enseignements des Apôtres, dans les Saint-Pères de TËglise comme dans les Saints Canons, afin que vous sachiez parfaitement ce que vous devez faire et ce que vous devez éviter* Si vous y conformez votre vie et vos actions, il arrivera sûrement que vous ferez briller en y(ZH cette pureté d'esprit, cette intégrité de vie, cette modestie dans le maintien et dans le costume, cet amour de la prière, ce goût des choses divines, cette aversion pour le monde, que requièrent la célébration des saints mystères et les différentes fonctions de votre ministère. En outre, vous devez vous adonner constamment à la lecture et à l'étude, non-seulement pour éviter Toisivefé, qui est la mère de tous les vices, mais encore afin de pouvoir instruire les fidèles dans la vraie doctrine et remettre les errants dans la bonne voie.

Vous êtes tous, en effet, des ouvriers que le père de famille a envoyés travailler à sa vigne pour la cultiver et lui faire rapporter des fruits par le labeur. A cette fin vous devez travailler de toute manière, vous devez mettre tous vos soins à acquérir la science, une science sérieuse^ et spécialement la science des choses de Dieu, pour qu'il n'y en ait aucun d'entre vous qui ne soit à même de répondre à ceux qui les questionneront sur la loi, et qu'ainsi vous vous sauviez et vous sauviez vos frères.

Vous passerai-je sous silence, jeunes clercs> réunis dans notre séminaire, dans le but de vous y former à la piété et à toutes les bonnes études et de pouvoir être trouvés dignes, quand le moment

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